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j gratuite ou n'est pas entière (V. ces mots).
ABSOLUTISME. s. m. Théorie, ou pratique
d'une autorité absolue. Hobbes est un défen-
seur de l'absolutisme. Ce mot, que Montes-
quieu ne connaissait pas, a commencé à être
én usage au XIXe s. L'Académie ne l'a admis
que dans la. dernière édition de son diction-
naire (i877). L'absolutisme consiste dans un
gouvernement sans contrôle régulier et sans
limites tracées par des institutions politiques.
Il n'est point inhérent àla forme monarchique.
Il n'y a pas de gouvernement moins absolu
que celui .de la monarchie anglaise; il n'en a
pas existé de plus absolu que celui.de la Répu-
blique française de 1793. Une aristocratie; une
chambre démocratique unique, une assemblée
du peuple, dont les majorités réuniraient tous
les pouvoirs, constitueraient des régimes ab-
solus. L'histoire en offre denombreuxexemples.
Certains publicistes distinguent l'absolutisme
du despotisme en ce que, dans le gouverne-
ment absolu, le pouvoir est du moins contenu
par. les traditions et par les mœurs.
ABSOLUTISTE. adj. des 2 g. Qui est en fa-
veur de -l'absolutisme ou conforme à l'abso-
lutisme. Théories, procédés .'absolutistes. ∥.
Subst. Un absolutiste, des absolutistes, des
partisans de l'absolutisme.
ABSOLUTOIRE. adj. Qui porte absolution.
Bref absolutoire, sentence absolutoire, excuse
absolutoire..
ABSORBABLE. adj. Chim. et méd. Qui est
susceptible d'être absorbé. La plupart des ali-
ments contiennent des principes absorbables
ét d'autres qui ne le sont pas.
ABSORBANT, ANTE. adj. et s. m. Qui ab-
sorbe. Une. terre absorbante, des sables ab-
sorbants. ∥ Fig. Ces fonctions sont absorbantes.
∥ Anat. Système absorbant, ensemble des
vaisseaux et des. glandes lymphatiques ou
système lymphatique. Méd. Médicaments
absorbants ou simplement Absorbants, Subs-
tances que l'on croit. propres à absorber les
acides développés dans les voies digestives,
tels sont la magnésie calcinée, la craie, les
yeux d'écrevisse,le charbon végétal en poudre,
etc., telles sont aussi la poudre absorbante,
les tablettes absorbantes (V. ces mots). On
les administre contre les aigreurs d'estomac,
les gastralgies, la dyspepsie flatulente, etc. ∥
Chir. Substances molles, spongieuses, pro-
pres à s'imbiber des liquides épanchés. On les
emploie pour arrêter l'écoulement de sang des
plaies, des piqûres de sangsues, pour enlever
à la peau l'humeur qui suinte des gerçures et
excoriations. Les principaux sont la charpie,
l'amadou, l'agaric, les poudres d'amidon, de
charbon, de résine, le lycopode, la toile d'a-
raignée, etc. ∥ Phys. Nom par lequel on dési-
gne tout corps capable d'annuler une charge
électrique; comme la surface de la terre, par
exemple, qui ramène à l'état neutre, par son
simple cont let,tout corps conducteur électrisé,
et qu'on appelait jadis le réservoir commun.
(V. Conducteur, Isoloir.) Les uns prétendent
que la terre fait disparaître l'électricité en la
répandant sur une surface illimitée, et annu-
lant ainsi son potentiel (V. ce mont) d'autres
lâ regardent comme un conducteur, pouvant
transporter le courant électrique dans tous les
sens, avec une résistance, sinon nulle, du
moins très faible. C'est pour cela qu'un seul fil
métallique suffit entre deux postes télégraphi-
ques et que le' circuit est' complété par la
terre.
ABSORBER. v. a. (lat. absorbere; de ab et
sorbere, avaler). Engloutir, consùmer. Le sable
absorbe l'eau le noir; la lumière l'accompa-
gnement trop fort, la voix l'odeur, de la tu-
béreusé, l'odeur de la-plupartdes autres fleurs;
le goût de l'ail, celui des autres assaisonne-
ments; les branches gourmandes, la nourriture
destinée au reste de l'arbre. ∥ Méd. V. Ab-
sorbaiat. ∥ Fig. Consumer. Les procès ont ab-
sorbé tout son bien. II Attirer à soi en entier.
Cette scène absorbe tout l'intérêt de la pièce.
Il Occuper entièrement. Cette affaire l'absorbe
tout entier.' ∥ Absorbé, é'e. p. pas. Être ab-
sorbé dans l'étude; dans ses réflexions, en Dieu;
ete. ∥ En parlant des tissus teints ou imprimés,
des papiers peints, etc., se dit d'une couleur
de fond, sur laquelle on en applique une autre,
qui la couvre en la modifiant, sans altérer la
nuance première, ∥ S'ABSORBER. Le Rhin s'ab-
sorbe dans les sables. Cet homme s'absorbe
dans sa douleur. ∥ Syn. Engloutir, absorber, con-
sumer. Tous trois font disparaître, le premier
tout d'un coup. La tempête engloutit un vais-
seau le second plus lentement quelepremier,
mais moins que le troisième. Le jeu absorbe
lés fortunes ;.les dépenses journalières consu-
ment les revenus. ∥ Arg. Boire où manger
abondamment. C'est un bon client, il absôrbe.
proprement c.-à-,d: il vide les bouteilles et
nettoie bien les plats. Absorber son ordinaire,
-manger et boire sa portion.
ABSORPTIF, IVE. adj. Chim. Se dit des sub-
stances qui ont la propriété d'absorber.
ABSORPTION. s. f. (ab-sor-peion). Action
d'absorber et résultat de cette action. L'absor-
ption de l'âme en Dieu: L'absorption des
pluies par la terre. il Physiol. L'absorption est
l'acte par lequel les corps fluides (liquides
ou gazeux) pénètrent à travers les membranes
dans les tissus animaux ou végétaux. C'est un
phénomène général, commun à tous les tissus
organiques. C'est par l'absorption que l'air pé-
nètre dans le sang à travers la membrane des
poumons, que. les produits de la digestion tra-
versent les intestins pour aller se mêler au
sang; que, dans un bain, l'eau s'introduit dans
le corps, entrainant avec elle les. substances
qu'elle tient en dissolution qu'un poison dé-
posé sur la peau peut pénétrer dans l'orga-
nisme que l'eau, chargée des principes nutri-
tifs fournis par.les engrains, entre dans les ra-
eines des plantes, etc. Mais il faut qu'un corps
soit à l'état fluide pour être absorbé :un solide,
quelque divisé qu'il soit, ne pénètre jamais de
cette façon dans les tissus. Si on délaye de l'a-
midon dans de l'eau, et qu'on fasse plonger les
racines d'une plante dans cette eau, on ne
trouve pas de trace d'amidon dans la plante. Il
ne faut pas confondre l'absorption avec la ca-
pillarité. (V. Capillarité, Endosmose.) ∥ Chimie.
Se dit de la pénétration d'un liquide ou d'un
gaz dans un corps quelconque. Absorption des
gaz par le charbon, par le noir de platine de
la pluie par les différents corps (V. Hygromé-
trie); des gaz par les liquides (V. Dissolution
des gaz). ∥ Arg. Nom donné à une cérémo-
nie de l'Ecole polytechnique imaginée pour
dégourdir les nouveaux, les accoutumer aux
habitudes de l'École au tutoiement, etc.
Une absorption véritable se fait ensuite dans
un restaurant du Palais-Royal où l'on absorbe
consciencieusement aux dépens des taupins
(V. ce mot).
ABSOUDRE. v. a. (vieux franç. absoldre,
plus ancien, absotre; lat. absolvere, de ab in-
diquant séparation et solvere, délier). J'absous,
tu absous, il absout nous absolvons, vous
absolvez, ils absolvent. J'absolvais, j'ai absous,
j'absoudrai, j'absoudrais. Absous,qu'il absolve;
absolvez, que j'absolve; absolvant, absous,
absoute. If Dr. crim. Renvoyer de l'accusa-
tion une personne reconnue l'auteur d'un fait
qui n'est pas qualifié punissable par la loi. Il,
signifie aussi déclarer un accusé innocent, l'ac-
quitter. Il s'est fait absoudre du crime dont
on l'accusait. ∥ Dr. can. Relever quelqu'un de
l'excommunication, ou d'autres censures. ∥
Remettre les péchés dans le tribunal de la pé-
nitence. Absoudre un pénitent. Absoudre des
cas réservés, il Fig. Pardonner. Je vous absous
de votre négligence. ∥ Absol. Tout prêtre a le
pouvoir d'absoudre en cas de mort. ∥ S'ABSOU-
DRE. Il ne put s'absoudre lui-même de la faute
qu'on lui avait pardonnée.
AIiSOUTE. s. f. (vieux franç. absotte; du la-
tin absoluta, délivrée). Liturg. Prières et céré,
monie qui terminent l'office des morts et se
font autour du cercueil ou du catafalque. ∥
Cérémonie qui se faisait encore récemment le
jeudi saint dans les églises catholiques et qui
consistait dans quelques prières que récitait le
prêtre pour obtenir la rémission des péchés,
Autrefois c'était une absolution publique et
solennelle donnée par l'évêque.
ABSTÈME. adj. et s. des 2 g. (lat. abstemius,
de abs priv., sans temetum, vin). Qui ne boit
point devin soitpar aversion pour cette liqueur
soit par régime, soit par prescription religieuse.
Les musulmans sontabstèmes où doivent l'être.
∥ Dr. can.Il désigne les personnes qui ont de la
répugnance pourle vin et ne peuvent en boire.
Dans la primitive Église les abstèmes ne fai-
saient la communion. que sous'une seule es-
pèce. — Les abstèmes- sont irréguliers et jure et
natura, la communion sous les deux espèces
étant, de nécessite pour le prêtre qui célèbre le
messe. II Syn. Ilydropote (buveur d'eau), abs-
tème (qui ne fait pas usagè du vin) Le pre-
mier est un terme de médecine, le second, on
terme de théologie, de jurisprudence, d'his-
toire, qui tend à.passer dans la langue com·
mune. La loi romaine ordonnait aux femmes
d'être abstèmes.
ABSTÉMIUS (Laur.). Littérateur et fabuliste
du XVIe s., bibliothécaire à Urbin (Italie),
ABSTENIR (s'). v. pr. (lat. abstinere; de abs
indiquant séparation, et tenere, tenir). Ou le
conjugue comme se tenir. S'empêcher de faire'
quelque chose, se priver de l'usage de quelque
chose.' S'abstenir de vin, de jurer, dé lire. Il
Absolument. Dans le doute abstiens-toi. il Ju-
risp. Un juge s'abstient quand il se récuse Il
est obligé de s'abstènir quand en le récuse. Uu
héritier s'abstient de la succession, c.-à:-d. il
ne fait point acte d'héritier. il Syn. S'abstenir,
se priver. On s'abstient d'une action, d'une ha-
bitude, d'un usage, de choses susceptibles
d'être faites ou commises, de ce dont on n'a
pas encore joui, etc. On se prive d'une chose.
ou d'un objet, d'un droit, de choses qu'on pos-
sède, dont on a joui, dont on connait l'agré-
ment. S'abstenir demande de l'empire sur soi-.
même se priver, du désintéressement, de
l'abnégation. Il S'abstenir, renoncer.Le premier
est négatif, c'est l'opposé de s'immiscer, de
s'ingérer. L'héritier qui s'abstient d'une suc-
cession se contente de ne point faire acte d'hé-
ritier. Renoncer est positif, c'est l'opposé d'ac-
cépter: il exprime un refus formel.
ABSTENTION. s. f. Action de s'abstenir de
l'exercice d'un droit, d'une fonction. L'absten-
tion des électeurs. ∥ Acte par lequel un juge
s'abstient, se récuse lui-même avec l'agrément
du tribunal c'est le contraire de la récusation
ai permet au justiciable de récusèr un juge.
∥ Jurisp. Abstentiota de suécession Fait de
s'abstenir de tout acte d'héritier. ∥ Bénéfice,
d'abstention. Bénéfice accordé à Rome par le
préteur aux héritiers siens et nécessaires de
demeurer étrangers à la succession du père de
fàmilte au moyen de ce bénéfice, ces héritiers
évitaient les poursuites des créanciers hérédi-
taires. ∥ Abstention de lieu. Punition usitée,
dans l'ancien droit en matière d'injures, pour
soustraire l'offensé auxviolencesde l'offenseur:
celui-ci était condamné à s'absenter un certain
temps.du lieu où résidait la partie offensée.
Cette espèce de punition se prononçait en gé-
néral entre gens d'un certain rang.
ABSTENTIONISTE. s. m. Celui qui s'abstient
de voter dans les élections. S'écrit aussi avec
deux n, et s'emploie adjectivement.
ABSTEHGENT, ENTE. adj. Méd. Qui est
propre à absterger. ∥ ABSTERGENT. s. m. Les'
abstergents sont des remèdes anciennement
employés pour enlever les matières visqueuses
ou putrides des surfaces organiques auxquelles
elles adbèrent. Si l'abstergent agissait par un
principe aqueux c'était un abluant; s'il agis-
sait par un principe savonneux, cas le plus
général, c'était un détersif.
ABSTERGER. v. a. (abs, de, hors.; tergere,
essuyer). On met un e après le gdevant a ou o:
J'abstergeais, nous abstergeons. ∥ Méd.Nettoyer
une surface organique avec un abstergent. ∥
S'ABSTERGER.v.pr. Ëtre abstergé, lavé, nettoyé.
ABSTERSIF, IVE. adj. Méd. Propre à abster-
ger. Abstergent est plus employé.
ABSTERSION. s. f. Méd. Action, effet d'un
remède abstergent.
ABSTINENCE. s. f. (du lat. abstinere, absti-;
nentia). Action de s'abstenir. Abstinence de
vin. Vivre-dans l'abstinence de tous les plai-
sirs, L'Église catholique enjoint aux prêtres
l'abstinence des femmes. ∥ Employé absolue
ment il se dit en parlant du boire et du man-
ger. On lui a ordonné une grande abstinence,
Il Il s'emploie dans ce sens au pluriel. Ex-,
ténue de Jeûnes et d'abstinences. ∥ Chez lés
catholiques, pratique religieuse qui consiste il'
s'abstenir de la viande le vendredi, en carême,
et en divers autres jours de l'année. L'absti-
nence du vendredi et du samedi fut instituée
dès les premiers siècles de l'Église pour hono-
rer la mort et la sépulture de Jésus-Christ et
pour se préparer au jour du dimanche. C'estt
une vertu qui aide l'esprit àn'être point esclave
de la matière, à dompter les sens, les appétits
désordonnés, enfin c'est une pratique de péni-
tence pour l'expiation des péchés commis.