18 ABR ABR ABR
vrage, dont elle fait connaître l'objet, le plan,
l'ordonnance, la méthode, les fins, les moyens.
Le Manuel est un court trait qu'on a, qu'on
'doit, qu'on .peut avoir toujours sous la main:
il y en a pour toutes les conditions, pour tous
les arts et métiers (Manuels Roret). Lé Bré-.
viaire au fig., ce qu'on lit, ce qu'on'doit lire
souvent, ne se dit qu'en parlant des protes-
sions les plus bautes et les plus nobles. Le
Catéchisme politique; par un Homme d'État,
devrait être le bréviaire de tous ceux qui de
près où dé loin participent aux affaires pu-
bliques. L'Epitome'est. un abrégé d'histoire;
le Compendium un abrégé de philosophie ou
de théologie la Somme un abrégé de tliéo-
logie ou de droit canonique. La Somme de
saint Thomas.
ABRÉGEMENT. s, m. Action d'abréger, état
de ce qui est abrégé. L'abrégement d'un livre.
∥ Droit féodal. Abrègement de fief, démem-
brement d'un fief. L'abrègement de fief ne
pouvait avoir lieu qu'avec le consentement
suzerain.
ABRÉGÉMENT. adv. D'une manière abrégée.
ABRÉGER. v. a. (lat. abbrevtare; de ad, à, et
brevi, bref. Changement de i en j ou en g doux,
abbrevjare, et par le choc des deux' consonnes
v j, disparition de la première). L'é se change
en e devant une syllabe muette excepté au futur
et au conditionnel: J'abrège, ils abrègent, j'a-
brégerai, j'abrégerais. Devant un a ou un o lé g
est immédiatement suivi d'un e muet, alin de
conserver la prononciation douce du j: Nous
abrégeâmes, nous abrégeons. ∥ Rendre plus
court. Abréger la vie, le temps des études, un
délai, un. discours. Il Abréger un livre, en faire
un abrégé. ∥ Fig. Faire paraître moins-long.
La conversation abrège le chemin. ∥ Absol. Ce
chemin abrège. Vous êtes trop. long,.abrégez.
II S'ABRÉGER. v. pr. La vie,déjà si courte, s'a-
brège souvent par les excès de tout genre.
Abrégé,'ée. p. pass. et adj. Il Syn. Court,
bref, concis, laconique, succinct, sommaire,
abrégé. Court se dit seul des corps et rela-
tivement à l'espace. Nez court. Bref se rap-
porte à la durée. Syllabe brève. Lès autres sy-
nonymes n'ont rapport qu'au discours, auquel
court et bref se rapportent aussi. Court regarde
la dimension, bref la durée, concis et laconique
la forme, succinct,sommaire et abrégé, le fond.
On est court en écrivant, bref en parlant, con-
cis, laconique quand on s'exprime en peu de
mots, succinet quand on omet certains détails.
Laconique est plus fort que concis et fait con-
naître là manière de dire plutôt.que celle d'é-
crire le laconisme marque quelquefois un ex-
cès de concision. Succinct signifie un genre
dont sommaire et abrégé désignent les es-
pèces. Un récit-succinct n'est pas circonstancié
ni détaillé. Un récit sommaire ne l'est pas
non plus,mais pourra ou pourrait l'être, laisse
entrevoir des développements possibles 'c'est
une esquisse. Un récit abrégé n'est point non
plus circonstancié, détaillé, mais il suppose
des développements antérieurs ou donnés ail-
leurs c'est une réduction (Lafaye).
ABRENUNTIO (ab-re-non-sio). Mot latin qui
signifie. Je renonce. Locut. faui.dont on se sert
pour.faire, entendre qu'on désespère de faire
une·chose.
ABRESCH (brè-ehe). Critique et savant hel-
léniste de la Hollande. 1699-1782. Remarquès sur
Eschyle Éclaircissemeatls sur Thucydide, etc.
ABREU (Alexis). Médecin du roi de Portu-
gal, xvu° s. De septem infirmitatibus, ou des
maladies communes aux gens de cour. ∥
ABREU (don Joseph-Antonio). Publiciste espa-
gnol (1775). Collection de Ious fes traités des
souverains d'Espagne avec tous les États de
l'Europe,12 val: in-fol. ∥ ABREU (Félix-Joseph),
XVWO s. Traité juridico-politique concernant les
prises; Cadix. 1749, traduit en français par
Poncet de la Grave en 1758. ∥ ABREU (Jean-
Manuel de). Géomètre portugais. 1754-1815.
Meurt exilé aux Açores. Plusieurs ouvrages de
mathématiques.
ABREUVAGE. s. m. Action d'abreuver,de
s'abreuver. :L'a breuvage des chevaux,
ABREUVEMENT. s. m. Action d'abreuver
les animaux domestiques. il L'abreuvement
exige certains précautions, comme celle.de
couper l'eau avec du son ou de la farine ou de
ta faire tiédir quand les animaux sont en sueur.
On donne.l'avoine plutôt après l'abreuvement
qu'ayant. On risque d'amener des ruptures
d'organes, abdominaux, ou ta pousse, si l'on
fait courir l'animal aussitôt après l'abreuve-
ment.
ABREUVER. v. a.. Faire boire les animaux.
Abreuver les chevaux. Se dit'fam..et le plus
souvent par plaisanterie, en parlant des per-
sonnes. Vous avez bien abreuvé vos invités. ∥
Humecter,pénétrer. Là pluie a bien abreuvé les
terres. ∥ Accabler. Abreuver quelqu'un de.cba-
grins, de dégoûts, d'ennuis,.de douleurs, etc.
S'emploie quelquefois en bonne part. Abreu-
ver de joie, .de délices. ∥ S'ABREUVER. v. pr.
Mêmes sens. Lés révolutionnairès de 93 s a-
breuvèrent de sang français,. il Téclin. Étendre
une couche d'huile, de couleur ou de vernis
sur un fond poreux, pour en fermer les pores
et en rendre la surface unie. ∥ Tbnhel. Emplit
d'eau les tonneaux pour s'assurer qu'ils ne
fuient point. ∥ Vern. Première couche de ver-
nis destinée à humecter le bois. ∥ Tann..Ac-
tion de verser l'eau ou le jus de tan dans la
fosse en quantité suffisante, pour que la masse
de cuirs qui s'y trouve suit complètement im-
bibée (Dict. Lami et Tharel).
ABREUVOIR. s. m. Lieu ou l'on mène. boire
et baigner les chevaux et lea bestiaux. — La
police des abreuvoirs publics appartient aux
maires (Loi des 16-24 août 1790). ∥ Eudroit où
les oiseaux se .rendent pour se désaltérer.
Prendre des oiseaux à l'abreuvoir. ∥ Arg. Ca-
baret. Un bon cheval va bien tout droit ù l'a-
reuvoir, c.-à-d. Un ivrogne va bien tout seul au
cabaret et n'a pas besoin d'invitation.
ABRÉVIATEUR, TRICR. adj. (abrévier, abré-
ger). Qui abrège. ∥ ABRÉVIATEUR. s. m. Celui
qui abrège l'ouvrage d'un autre, auteur d'un
abrégé. Il Officiers de la chancellerie romaine
qui dressent les minutes des lettres aposto-
hques, brefs, bulles, etc., dans un style plein
d'abréviations.
ABRÉVIATIF, IVE. adj. Philol. Qui.sert à
l'abréviation. Signe abréviatif. Formule, lettre
abréviatives.
ABRÉVIATION. s. f. (du lat.abbreviationem).
Retranchement de lettres dans un. mot pour
écrire plus vite ou en moins d'espace. Il se dit
également de certains signes destinés à repré-
senter des mots ou plusieurs notes de musique.
Voici quelques abréviations d'unusage général:
M., M °, Mlle, monsieur, madame, mademoi-
selle. S. M.,sa majesté. S. M. B.,sa majesté bri-
tanique. S. M. C., sa majesté catholique.S. A.R.,
son altesse royale. S. S., sa sainteté (le Pape).
S. H., sa hautesse (l'empereur de Turquie).
S. E., son excellence, titre qu'on donne aux
ministres, aux ambassadeurs. S. Em,, son émi-
nence (un cardinal). Mgr, monseigneur. Bon,
baron. Cte, comte. Mis. marquis. Dr, docteur,
Me, maître (un tel avocat, avoué, notaire). Vve,
veuve.-Pour les noms de baptême. J.-J.,Jean-
Jacques. J.-B., Jean-Baptiste. P.-P.,Pierre-Paul.
En anglais Tom, Thomas. Rob, Robert. Ben,
Benjamin. Dick, Richard. Kate, Catherine. — Cor-
respondance, langage courapt:T. S. V. P., tour-
nez s'il vous plaît. N. B.,nota bène, notez bien.
Etc., et cœtera, et le reste, ainsi de suite. P. S.
Post-scriptum(écrit après la signature). C.-à.-d.
c'est-à-dire. N',numéro. 7bre 8bre 9bre Xbre, sep-
tembre, octobre, novembre, décembre.-Litur-
gie: v, verset. R, repons. N.-S., notre-seigneur.
N.-D., notre-dame. INRI, Jésus de Nazareth,
Roi des Juifs(Jésus, Nazareus, Rex Judæorum).—
Mathématiques C. Q. F. D., ce qu'il fallait dé-
montrer, ou Q. E. D., quod erat demonstran-
dum. Log., logarithme. M. Q., mètres carrés.
M. C.. mètres cubes. √, racine de. P. g. c. d.
plus grand commun diviseur p. p. c. d.,
plus petit commun diviseur. — Commerce,
comptabilité B. P. F., bon pour. francs.
C..0 compte ouvert. C. C;, compte cou-
rant. S./C., son compte. V./C., votre compte.?.
proo.ipar procuration. O, à l'ordre. — Médecine:
A, aa ou ana, placé à côté d'une accolade qui
embrasse l'indication de plusieurs substances,
signifié: de chacune de ces substances. B. V.,
bain de vapeur. Cochleat.(cochleatius),par cuil-
lerées. Coq. (coque ou coquatur); faites cuire.
Cyat. (cyathus),tasse ou verre. Dec. (decoctio),
décoction. B. M.,bain-marie. F. S. A.,fac·secun-
dum artem, faites selon l'art. Gutt., .ou gl
(gutta), goutte. Inf. (infundatur), qu'on fasse
infuser. M. (misee); mêlez. Man. (manicupalus),
poignée. R:; prenez (en latin recipe, d'où le
mot recette). P.E., parties égales. Q. S.; quan-
tité suffisante. Pug. (pugillas), pincée. Pulv;
(pulvis), poudre. Q. p. (quantum placet), à vo-
louté. fiotan. 3-fide, trifide, 4-fide, quatri-
fide, etc. 0 placé après le nom d'un organe en
indique la non-existence. Aiusi: caliee o signi-
fie point de calice. Chimie. Eq. équivalent,
1 aq.; 2 aq. 3 aq., etc., eau de cristallisation se-
lon le nombre d'équivalents. Les symboles
chimiques sont·de véritables abréviations. (V:
Etément, Notation et Signe.) — Musique. Arp.,
arpeggio B., basso.Cresc.,cresceudo. F., forte.
F. F., fortissimo.. D. C., da capo. Dim., dimi-
nuendo. P., piano. P. P., pianissimo. Riuf., rin-
forzando. Etc.
Les abréviations remontrent à la.plus haute
antiquité. Les Égyptiens, les Hébreux et les
Grecs en ont fait usage. Le's Romains les ont
.employées particulièrement dans les inscrip-
tions si nombreuses qu'ils ont fait graver sur
leurs monuments. L'interprétation des abré-
viations usitées dans les inscriptions a donné
lieu à une science spéciale, l'épigraphie (V. ce
mot): Eu même temps, prenait naissance à
Rome une espèce de sténographie dont on se
servai t pour recueillir les discours des orateurs.
Ennius inventa, dit-on, onze cents abrévia-
tions, l'affranchi de Cicéron en augmenta
considérablement le nombre, lequel s'éleva à
cinq mille. Les abréviations prirent le nom de
noles tironiennes (V. ce mot). Rares dans
les premiers temps du moyen âge, les abré-
viations allèrent se multipliant jusqu'au
XVIe siècle; elles rendentparticulièrement dif-
ficile la lecture des manuscrits théologiques et
scolastiques. Vainement, à diverses époques,
essaya-t-on d'en prescrire l'usage daus les
actes publics: ce fut inutilement qu'en 1304,
Philippe le Bel rendit une ordonnance qui in-
terdisait aux tabellions de s'en servir dans
la rédaction de leurs actes.
Les abréviations sont générales ou spéciales,
.Les abréviations spéciales comprennent 1° les
abréviations par sigles (singulœ litterœ), lettres
isolées représentant le mot dont elles sont
l'initiale 2° les abréviations par suspension,
dans lesquelles on n'écrit que le commence-
ment du mot; 3° les abréviations par coulrac-
tion qui,suppriment un certain nombre de let-
tres médiales, par ex. Uns pour Dominus; 4° les
abréviations par lettres supérieures ou suscri-
tes; 5° les abréviations par signes spéciaux. La
connaissance des abréviations forme une par-
tie importante de lu paléographie (V. ce mot).
M. L.-A. Chassant a publié un Dictionnaire
des abréviations latines et françaises du moyen
âge. ∥ Jurisp. L'abus qu'on avait fait des abré-
viations les a fait proscrire par le législateur
moderne. Aujourd'hui les abréviations sont in-.
terdites 1° dans les actes de l'état civil (Art. 42
C. cîv.) 2° dans le livre-journal des commer-
çants, agents de change et courtiers (Art. 10.
et 84 C. de comm.); 3° dans les actes notariés,
à peiue de cent francs d'amende contre le no-
taire contrevenant (Loi du 25 ventôse an XI,
art. 13); 4° dans les copies de pièces (Loi du
25 juillet 1862, art.-20). Cependant l'usage to-
lère certaines abréviations qui n'offrent aucun-
danger, telles que M. pour monsieur, vol. pour
volume, n° pour numéro, c. pour case, r° pour
recto, v° pour verso, et quelques autres. J
Mais si les abréviations sont proscrites des
actes de la vie publique, elles ont été conser-
vées pour les sciences abstraites, où elles sont
d'une. grande utilité.
ABRÈVIATIVEMENT. adv. Par abréviation
d'une manière abrégée.
ABRÉVIER. v. a. Abréger écrire par abré-
viation.
ABRI. s. m. Lieu où l'on peut se mettre
à couvert. Un abri contre les vents, la tem-
pête, la pluie, l'ardeur du soleil. Cette rade,
cette plage est un bon abri, les vaisseaux y
sont en sûreté, on y peut mouiller sans crain-
dre le vent ni la tempête. il En agriculture il y
a les abris naturels, comme les.-montagnes;
les forêts, les plantations en lignes, les haies;
et les abris artificiels, tels que les murs, les
paillassons, pour garantir de la violence des
vents et de l'ardeur excessive du soleil. ∥ Fig.
Sûreté, éloignement de tout danger. La médio-
crité est un abri contre les coups de la fortune.
∥ A. milit. Tout obstacle, tout couvert qui
permet à -une troupe d'échapper aux vues de
l'ennemi, de se garantir dè ses teux, maison,
bois, monticule, pli de terrain, constitue un
abri. Les rènforts, les .réser.ves d'une troupe