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Title : Dictionnaire des dictionnaires. Lettres, sciences, arts, encyclopédie universelle. T. 1, A-BISOT / sous la dir. de Paul Guérin

Publisher : Impr. réunies (Paris)

Date of publication : 18..

Contributor : Guérin, Paul (1830-1908). Directeur de publication

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 7 vol. ; in-8

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k201375w

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb388339538

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb388339538

Provenance : bnf.fr

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Title : Dictionnaire des dictionnaires. Lettres, sciences, arts, encyclopédie universelle. T. 1, A-BISOT / sous la dir. de Paul Guérin

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XXII INTRODUCTION

,1'ordre le .plus .naturel, puis de.les éliminer tour à tour en les rapportant; aux lois qui les régissent. Depuis lors,
des tentatives réitérées enont rendu l'usage presque élémentaire et d'une exécution.mathématique. A mesure que
la science progresse, .elle.avauce vers l'unité..A chaque:nouvelle conquête de l'observation et du calcul, ses,lois
apparaissent plus constantes, plus.simples, plus harmonieuses..Ainsi, .en poussant le raisonnement à l'extrême,
l'ordre universel se résumera aux yeux du mathématicien i dans une question d'équilibre et de mouvement.
Un ,nombre restreint.de causes générales gouvernées par des lois très- simples, c'est le résultat net des travaux
de plusieurs générations d'hommes de génie, c'est la révélation dernière d'une suite d'explorations et de
découvertes.

Toute recherche individuelle, sans spécialisation d'objet, toute manifestation du.talent, du savoir, de la verve
créatrice, est digne d'intérêt si elle fournit une aide, :un .élément quelconque l'histoire de l'esprit humain.
T.out détail concourt :utilement à l'ensemble. Mais, il incombe à l'investigation méthodique de.les.accommoder
au mieux, selon ses nécessités de fusion et de groupement. Voyons donc j,usque:dans quelle,mesure rayonnent
les divers .çycles de l'instruction générale et dans quelles proportions les uns et les autres sont réductibles,
conformément aux besoins d'une œuvre telle que la nôtre.
La Philosophie, que Victor Cousin appelait, .avec une certaine amplification de langage, « la. lumière des
lumières, l'autorité des autorités, » s'étend à perte de vue dans le champ :de l'universel. Elle offre quelques
parties expérimentales et positives;.en outr:e elle a des faits, des principes, placés en dehors de toute discus-
sion. Mais.le plus ordinairement livrée à.la conjecture.; 'dépendant surtout des facultés Imaginatives du pen-
seur-et de.la.personnalité de son- esprit, elle ne connaît point de barrière à ses. variations. Les systèmes,.issus
alternativement-de .telle ou telle méthode qui voulut, à son heure, ouvrir des perspectives nouvelles,.se tota-
lisent par milliers. Pris un à un, nul ne satisfait pleinement l'esprit; considérés en bloc, ils se heurtent'et se
contredisent à faire croire qu'il n'en puisse sortir.apparence de clarté.. Leur confusion, cependant, est suscep-
tible d'aboutir aux rapprochements les plus succincts, .aux vues ,d'ensemble les plus harmonieuses.Débar-
rassés de leurs inconséquences ou de leurs applications illégitimes, fondus et .conciliés sur les points leur
opposition fut nécessaire pour compléter une théorie par une autre, ramenés chacun à. son principe et tous au
principe des-principes, ces.systèmes si nombreux, si multiformes, s'absorbent au sein de quelques idées bien
larges, bien compréhensives qui, celles-là, sont les directrices éternelles des conceptions morales; .religieuses
et scientifiques. On peut en faire le tour pour s'en convaincre. Que les philosophes, pris en dehors de la théo-
dicée chrétienne et des vérités absolues, se nomment déistes, matérialistes, athées, naturistes ou panthéiste
Qu'ils croient avant tout à la force intérieure (ÉPICTÈTE), à l'activité libre (DUNS ScoT), à l'instinct scientifique
(BACON), à la conscience (J.-J. ROUSSEAU), au sens commun (Thomas REID), à la raison pure (Emmanuel KANT),
à la liberté absolue (FICIITE), à la volonté sans limites (SCHOPENHAUER); ou qu'ils révoquent en doute le moi cen-
tral et dominant, et refusent à l'homme la direction spontanée de ses actes (BAYLE, HUME, HÉGEL);
Qu'ils exagèrent la suprématie de la vertu personnelle au détriment de-la force expansive de l'amour (ZÉNON
de Citium), ou ne voient dans la conception du bien, du droit, du devoir, que l'idée du plaisir stable (ÉPICURE),
ou la science de la véritable utilité. (SPINOZA), ou l'attrait de la sympathie (Adam SMITH), ou le penchant de
l'altruisme (Auguste COMTE); dans la loi morale qu'une certaine chaleur muable et propre à la nature de chaque,
.être (DIDEROT, CABANIS, BROUSSAIS); dans la justice qu'un état de convention approprié aux nécessités sociales
(HELVÉTIUS); et dans la raison de tous nos actes qne le mobile de l'intérêt ,personnel et le calcul,.du plus grand
plaisir (HOBBEs, LA ROCHEFOUCAULD, BENTHAM, Stuart MiLL)

Qu'ils réduisent la métaphysique aux objets de la sensation ou qu'ils en ramènent tous les problèmes aux objets
de la conception rationnelle;

Qu'ils repoussent à la fois l'esprit et la matière, trouvant,, comme David HUME, qu'il est également insensé .de
raisonner ou de croire, ou que, .bien au contraire, ils remplacent le doute de la raison par une .foi aveugle et
par une théologie violente

Enfin, qu'ils soient idéalistes, ou sensualistes, sceptiques ou mystiques les .idées initiales, .génératrices, d'où
sortirent leurs longues démonstrations et sur lesquelles ils ont posé les fondements de. leurs théories, se con-

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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