XVIII INTRODUCTION l'oeuvre, et sans mélange de certaines arrière-vues bien personnelles. Ou ce sont des recoupes anciennes, des débris jadis condamnés, des documents vieillis, des matériaux restés sans emploi, qu'ori espère enfin écouler; ou ce sont des études qui, depuis longtemps, dormaient au fond des casiers poudreux; des volumes qu'on aimerait à rééditer par fragments des préparations diverses qu'on se plairait à dégrossir; à triturer, là, une première fois, avec l'espoir d'un perfectionnement ultérieur et d'une heureuse reprise. Autant de cas où il en coûte trop de se restreindre. Au surplus, chacune. ne. subit-il pas. d'une manière, différemment nuancée cette prédisposition tout lmmaine;, vous faisant croire; à l'excellence des occupations qui. sont. vôtres? Là, de même, que, partout ailleurs on. en a. l'intime conviction. L'économiste, par exemple, s'explique difficilement qu'on borne l'essor de, ses théories incomparablement utiles et positives, s'il est vrai qu'elles, doivent offrir aux. sociétés., comme il le pense, comme il le; dit, les lumières propres, à les guider dans les, voies d'une civilisation meilleure, ou. â les écarter. de celles qui conduisent à la décadence et à la ruine.. Le naturaliste, à part lui, juge fort malaiaé. de s'interrompre au cours d'une belle classification, et pareillement le chimiste et le physicien, .au travers d'une subtile analyse, ou d'une, démonstration en règle des expériences du laboratoire. Le médecin,, comprenant mieux, que personne la. gravité. des caractères de la. maladie qu'il décrit,. en épuiserait volontiers tous les symptômes, de même que,, par esprit, d'utilité., il. ne voudrait passer aucun détail afférent à la cure, et à la thérapeutique d'icelle. Le lexicographe, le philologue, lui, ne croit jamais, avoir assez de témoignages,, d'extraits,; de citations,, de contextes, pour justifier les défini- tions. comme si véritablement il pensait accroître sa propre substance, de tout ce, qu'il. recueille, chez autrui. Enfin, l'historien ne connaît que l'esprit de son rôle: il développe reprenant tour à tour les circonstances auxiliaires d'un événement principal déjà contré, il ne se; lasserait point. de recommencer autant de fois. sa première narration et de réitérer le récit d'une bataille ou le tableau d'un règne pour chaque biographie, des héros. qu s'y rendirent, fameux. Contenir dans les limites prescrites le zèle et la.bonne volonté des, collaborateurs en même temps qu'éviter, de leur part les redites et.les contradictions, est donc une tâche fort périlleuse, puisqu'on l'a- vue le plus souvent si. irrégulièrement effective. Ouvrez, au hasard cet épais recueil,, ces tomes nombreux que tant de. mains pressées dépouillent sans relache. Bien des professeurs de l'Université ont:puisé là le texte de leurs; dissertations scolaires, bien des journalistes la matière de leurs. articles,, bien des critiques, le; fond et la forme de leurs, appréciations. Mais que; d'inégalités frappantes:! Maints et maints articles avaient pu sâespacer à leur aise il. leur avait été. permis de s'étendre jusqu'à de certaines.proportions. raisonnables; et ils se sont enflés, et ils ont pris un volume exorbitant. Par contre, en voici de très brefs: mais ils semblent maigres et secs autant que les, autres paraissent, boursoufflés; c'est qu'ils se ressentent, visiblement de la coupure brusque au moyen de. laquelle, on a réuni, presque sans. transition, le commencement avec; la fin. La phraséologie, la déclamation, banale; y remplissent d'abondantes colonnes. Les vues., neuves et succinctes demandent qu'on les y cherche. Les connaissances vulgaires, celles qui courent partout, s'y étalent très au large en revanche ce: qui tient à cœur au véritable homme, d'études en est absent.. Lourdes imperfections, d'une oeuvre incontestablement utile!: Outre, la. préoccupation trop; sensible: de l'en dehors, qui portes ces. abus: de copie rompant l'équilibre, des matières mais qu'atténue du moins: l'autorité spéciale de l'écrivain, des causes plus graves contribuent. souvent faire paraître très défectueuse. la rédaction proprement dite des Encyclopédies, ce qu'on appelle l'expression, la forme. Dans ces gros recueils dont les, lignes ajoutées à la suite les- unes, des.autres composeraient, des lieues et des lieues de longueur, la pauvreté. du style, se ressent maintes. fois, de la détresse individuelle des, auteurs., C'est qu'en effet, au-dessous de la. collaboration officielle,; brillante et bien famée, étalant. sur la. couverture, ses noms, ses titres sorte de trompe-l'œil de- la publicité. — ont. travaillé dans l'ombre les gens de lettres, sans occupation,, les, déshérités du livre,, les apprentis du journalisme, les, tâcherons, obscurs qui sous-traitent ces sortes de besognes et qui, pressés; par- la famine, mènent à la. diable- des: préparations, de deuxième ou de troisième- main. Toute application ne leur est-elle pas bonne-qui ressemble à. une fonction littéraire? Ils ont recueilli avec,empressement la notice biographique- comme. ils glanent, au jour le jour, les faits-Paris. aux. journaux, comme ils confectionneraient des brochures humanitaires, des précis,, des manuels, des- tables, de