INTRODUCTION xiit et dé lumières provoquant au désir d'apprendre, et vivifiant les intelligences. Elles.traitent de toutes choses et parlent à toute espèce de lecteurs. A l'aide d'aperçus généraux elles retracent l'ordre et l'enchaînement des con- naissances elles fragmentent en des milliers de notices particulières les principes qui sont la base de chaque science, de chaque art, soit libéral, soit mécanique, et les détails essentiels qui en font le corps et la substance enfin, l'histoire vient à leur aide, enrichissant de ses souvenirs, animant de ses couleurs le cadre alphabétique où tant de sujets se coordonnent. Tel était déjà le domaine de la premïére encyclopédie et tel restera néces- sairemeiit celui de la dernière. Les éléments de la composition seuls se modifient, se compliquent, augmentent en nombre ou se corrigent, par la suite des âges. Toute conception de cette nature, abstraction faite de ses lacunes ou de ses défauts présumables, a des aspects d'ampleur et de généralité bien propres à séduire l'imagination de ceux qui l'entreprennent. Ce sera le com-. pendium de l'intelligence humaine, la réduction en quintessence de ses produits innombrables, comme on les a vus se transmettre à travers les variations de la culture et les progrès des époques. Les fruits du travail des siècles s'y offriront en des grappes communes à quiconque voudra s'y arrêter un moment, pour les cueillir sans peine. Jetez les yeux, considérez. Voici renfermées dans le même cercle les sciences théologiques et philoso- phiques dont la mission est de diriger l'esprit de l'homme vers le bien, vers le vrai, et de lui révéler à lui-même la raison de ses actes, de ses pensées, dé ses jugements, de sa conduite; les sciences sociales et politiques, posant les bases, établissant les lois constitutives de la société, en même temps qu'elles consignent les chan- gements et les métamorphoses de la civilisation des peuples; la jurisprudence et ses codes préservateur du droit des gens, du droit public, canonique, administratif; les sciences historiques et géographiques s'ouvrant à l'origine et finissant aux limites du monde et puis leurs dépendances, leurs ramifications nombreuses la numismatique, la paléographie, l'iconographie; la glyptique, la céramique, d'autres encore où rien n'est otublié de ce qui intéresse les mœurs et les coutumes. Ailleurs-, paraît l'astrononie, fondant les plus importantes vérités et les plus merveilleuses découvertes sur des mesures de quantité d'une minutie; d'une petitesse extrême, et dévoilant avec une étonnante exactitude jusqu'aux moindres circonstances des mouvements célestes. Qu c'est la physique, déterminant les propriétés qui caractérisent les corps inorganiques, et démontrant les rapports des milieux avec les êtres organisés. C'est la chimie énumérant les causes des phénomènes qui s'accomplissent dans l'étendue de l'air, dans la masse des eaux, dans les cavités souterraines, dénombrant les modifications par lesquelles passèrent les minéraux et les fossiles, ou nous aidant à comprendre les merveilles des fonctions de la vie, dont la biologie nous représente, à son tour, les manifestations les plus sensibles. C'est l'anatomie mettant à nu les rouages de la machine animale, pour en expliquer les formes, le mode d'agencement et les usages. C'est la physiologie s'emparant de toutes ces connaissances afin de rendre visible le jeu si compliqué des organes. Et au travers des sciences, dont nous sommes loin d'avoir donné la désignation complète, se développent les, lettres, les arts, les métiers, avec leur infini détail. Que de rencontres on vous ménage Vous cherchez le sens d'un terme appartenant à la langue courante; vos regards tombent sur un article de philosophie ou s'égarent, au passage, sur une démonstration mathé- matique. Une question d'histoire vous préoccupe, et vous pensez à la résoudre; mais une explication technique, soudain, vous barre la route, sollicitant votre attention. Résultante forcée d'une. nomenclature sans bornes. L'esprit y trouve sa double satisfaction, puisqu'il pourra d'une fois contenter le premier objet de sa curiosité et recueillir des notions supplémentaires qu'il n'avait pas prévues. Car tout est là, tout doit y être du moins, selon le programme. Cependant, des promesses si étendues ne seraient-elles pas illusoires ? Jusqu'à quel point ont-elles été réalisées ou sont-elles réalisables ? Et si véritablement de pareilles œuvres devaient offrir l'abrégé complet des connais- sances, d'où vient qu'on les a recommencées tant de fois ? A ces questions, l'histoire des entreprises encyclopé- diques. va répondre. Elle en fera toucher du doigt les imperfections successives et les raisons de leurs renouvellements.