22 ANT ANT cohorte, était retenu au lit par une fièvre ardente; Malet lui apprend la mort de l'empereur et lui ordonne de faire prendre les armes à ses soldatsi Soulié obéit, et .Malet, suivi d'une partie de la 10m8 cohorte, arrive à la Force et oblige le directeur à délivrer les généraux de brigade Lahorie et Guidai. Le premier est nommé ministre' de la police; le second est appelé au commandement de la nouvelle garde du sénat; Boccheampe, autre prisonnier, est désigne pour remplir la fonction de préfet de la Seine. Boutreux doit remplacer le préfet de police Pasqûier. Les rôles ainsi distribués, Lahorie et Guidal, avec un bataillon de la 10mô cohorte, marchent sur l'hôtel du ministère de la police, situé quai Malaquais. De son côté, Boutreux s'empare de la préfecture de police. M. Pasquier est conduit à la Force. Au ministère de la police même succès. Savary est enfermé avec M. Pasquier. Ainsi l'autorité qui répondait de la tranquillité de Paris était anéantie, et pour obtenir cet important résultat quelques heures avaient suffi et pas une goutte de sang n'avait été versée. Il fallait ensuite s'emparer dé l'autorité militaire. Malet s'était réservé cette opération difficile. Il se dirige vers la place Vendôme où se trouve l'état-major de la 1" division militaire. Le général Hulin remplaçait alors Junot. Malet, s'adressant au gré- néral qui était encore au lit; lui annonce sa destitution et lui demande son épée et le cachet de la 1" division. Hulin, un instant troublé, demande à voir les ordres du gouvernement; alors Malet lui tire à bout portant un coup de pistolet. Au bruit de la détonation, l'épouse du général Hulin jette des cris affreux. Malet l'enferme avec son mari, et se rend aussitôt chez l'adju- dant-général Doucet. Cet officier, qui reposait encore, reçoit l'ordre de mettre aux arrêts l'adjudant Laborde, dont l'activité pouvait être nuisible au complot. Ce der- nier résiste, une discussion s'engage, il se retire enfin. Au bas de l'escaliér, il aperçoit t'inspecteur-généra) de police Pasques, auquel on refusait l'entrée de l'état- major. Laborde le fait entrer, lui raconte ce qui se passe et le conduit jusqu'à la chambre de Doucet. A peine l'agent Pasques est-il entré, que Malet se trou- ble. Cependant il saisit son second pistolet, mais La- bordé s'élance sur lui et le fait arrêter ainsi que Râteau. Ils sont conduits sous bonne escorte au ministère de la police. Laborde se dirige immédiatement vers l'Hôtel-de-Ville occupé déjà par Boccheampe, que Malet avait nommé Préfet de la Seine, en remplace- ment du comte Frochot. Boccheampe est arrêté. On s'empare également de Guidal et de Lahorie. A onze heures du matin les fils de la conspiration étaient rom- pus. A midi tout rentrait dans l'ordre. Les prisonniers furent transférés le lendemain à l'Abbaye. Le 28 octobre, les accusés, au nombre de .vingt-quatre, comparaissaient devant une commission militaire présidée par lé général Dejean, sénateur grafid-officier de l'empire et premier inspecteur du génie. Malet est interrogé. À cette question: « Quels )) étaient vos complices? » Il répond: « La France » entière et vous-même tout le premier, monsieur lé » comte, si j'avais réussi. » Les àutres accusés sont entendus, presque tous n'ont point de défendeurs. Le 29; à huit heures du matin, la commission se retire pour délibérer. A quatre heures elle rentre en séance, et le président prononce le jugement qui con- damne quatorze accusés à la peine de mort; les dix autres sont acquittés à l'ùnànititité. Le même jour, à quatre heures de l'après-midi, de forts détachements de la garnison de Paris sont réunis à la plaine de Grenelle, Au milieu du carré formé par ces troupes, on voit deux pelotons. Le premier est Com- posé de cent vingt hommes, et le second de trente seu- lement. Ils ont été désignes pour exécuter le jugea- ment. Les condamnés arrivent; tous, là tête découverte, marchent d'un pas ferme. Ils s'arrêtent! on les place sur un seul rang, adosses au mur d'enceinte qui séparé le boulcvart extérieur du chemin de ronde dé la bar- rière de l'Écolc-Militairè. Alalet s'avance et demande à commander le fcù: « Peloton, attention, » s'écrie-t-il d'une voix pleine et sonore, « portez armes! apprêtez. armes! Cela » ne vaut rien nous allons recommencer. L'arme au bras, tout le monde. » Plusieurs vétérans sont trou- blés, quelques armes vacillent. « Attention, cette fois, » reprend Malet: « Portez armes! apprêtez armes! » A la bonne heure, c'est bien. Joue. feu! H Cent vingt balles criblent à l'instant ces malheureux. Malet seul est resté debout, il n'est que blessé. « Et moi donc, » mes amis, » dit-il aux vétérans, « vous m'avez oublié; » à moi le peloton de réservé » Les soldats s'avancent. A cette seconde décharge, Malet tombe la face contre terre; il respire encore! on l'achève à bout portant. Quelques moments après cette horrible exécution, trois charrettes suivaient lentement le chemin qui con- duit au cimetière de Clarrïart On a dit que la conspiration Malet rie fut qu'une échâuffourée. Napoléon en jugea autrement. • II sentit que le trône impérial avait tremble sur sa base. ANTOINE (rue SAixt-); Commence à la place Baudoyer, n° 9, et à la rue des Barres, n° 3î; finit aux boulèvàrts Beaumarchais, n° 1, et Bourdon. Le dernier impair est 233; le dernier pair, 234. Sa longueur est de 086. m. Les nM impairs de 1 à 99, 7e arrondissement, quartier du Marche-Sainte Jean de 101 à la fin, 8° arrondissement, quartier du Marais. Les numéros pairs sont du 9° arrondissement de 2 il 78,'quartier du Marais; de 80 à la fin, quartier do l'Arsenal. Elle doit son nom à l'abbaye Saint-Antoine, à la- quelle elle conduisait. Aux XIII° et XIV0 siècles, la partie-qui s'étend de la rue des Barres à telle Culture-