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à se toucher quelquefois même la voie
publique est voûtée sur un espace assez consi-
dérable. Repré-
sentez-vous tout
cela éblouissant de
blancheur par suite
de l'usage où l'on
était alors de don-
ner, chaque année,
deux couches de
chaux aux bâti-
ments, et vous au-
rez alors recons-
truit le véritable
Alger par la pen-
sée. »
Dans ce fouillis
inextricable plu-
sieurs percées ont
été faites pour as-
sainir un peu ce
coin où l'hygiène
est inconnue. La
rue de la Lyre, au
bas, la rue Ran-
don, un peu plus
haut, la rampe Va-
lée, les tournants
Rovigo, commen-
cent à donner un
peu d'air et de
lumière dans la
viei lle ville, qui
gagne en salubrité,
mais perd, en pit-
toresque.
Lorsque vous
vous engagez dans
ce dédale qui, au
premier abord,
vous semble inextricable, vous êtes surpris
du mouvement et de la vie qui s'y rencontrent.
La rue Kléber, à Alger.
Certaines rues, pourtant très fréquentées,
paraissent inhabitées, parce que rares sont
les ouvertures qui
s'ouvrent au de-
hors. Certaines
autres, au con-
traire, sont garnies
d'une suite ininter-
rompue de bou-
tiques, véritables
niches où se fabri-
quent les objets de
consommation lo-
cale, où se vendent
des oranges, des
épices, des fritures
étranges, des pro-
duits de la cuisine
indigène, des
pâtes, du cous-
cous, etc.
Souvent votre
voyage à travers ce
monde inconnu et
singulièrement
montueux est ren-
du un peu difficile
par le passage fré-
quent d'une troupe
d'ânes gris ou
noirs, chargés de
couffins dans les-
quels sont entassés
les détritus de la
ville. C'est le seul
moyen pratique
employé par la
municipalité pour
enlever les immon-
dices qui souillent
les rues. Pas une charrette ne peut s'engager
dans ces rampes qui, à tout moment, se
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-L15-126 (31, 32)