38 SITES ET MONUMENTS Comme presque toutes les maisons mau- resques, celle-ci se compose d'une cour inté- rieure sur laquelle les étages s'ouvrent par des galeries avec colonnes en marbre et balustrades en bois de cèdre. Les murs sont ornés de faïences bleues, qui forment une charmante décoration. Ces colonnes, d'un travail délicat et char- mant, viennent presque toutes d'Italie. Dans ces pillages aux goûts et aux habitudes musulmans. Les maisons arabes ne répondent en rien aux notions architecturales de nos grandes villes. Mais leurs dispositions sont conformes aux habitudes et conviennent au climat de l'Afrique. Peu d'ouvertures sur la rue, donc peu de soleil, de la fraîcheur pendant les ardeurs de la canicule, et des terrasses par- Bibliothèque d'Alger. dessus le toit afin d'aller le soir respirer la brise de mer. De plus, la femme étant à peu près prisonnière la maison a, extérieurement, les allures d'une geôle mais la prison au dedans est aussi dorée et agrémen- tée que les ressources du maître le permettent. ALGER. Bibliothèque. La bibliothèque, si- tuée dans la rue étroite et sombre de l'Etat-Ma- jor, est très voisine du palais du gouverneur général. C'est encore une maison mauresque très remarquable. On y a réuni les manuscrits arabes trouvés à Tlem- leurs incursions, les corsaires mettaient au pillage les palais italiens, ou exigeaient des rançons en nature. C'est ainsi que presque toutes les belles maisons d'Alger sont ornées de colonnes en marbre blanc de Carrare, apportées en Afrique par droit de conquête. Les faïences bleues ont presque toujours la même origine, et l'art arabe a consisté sur- tout dans l'intelligente adaptation de ces trophées de victoire ou, si l'on veut, de cen, à Mascara et dans les diverses expédi- tions qui ont assuré la conquête de l'Algé- rie. Elle compte plus de 4o,ooo volumes, des cartes et des plans. La collection des manuscrits est fort curieuse et assez consi- dérable leur nombre dépasse 7oo. Le musée qui faisait autrefois partie de la bibliothèque, a été transféré à Mustapha, dans une ancienne école, d'où l'on a une admi- rable vue.