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ALGÉRIE a

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La Mina, rivière d'un espace de 732,000 hectares, procède de belles et bonnes
sources et de torrents à cascatelles; elle coule dans la plaine de Relizane et se verse
dans le Chèliff. Icelui, long de près de 700 kilomètres en un champ clos de 4,487,500
hectares, laisse à droite, sur la montagne, à 927 mètres d'altitude, la salubre Médéa,
dans des campagnes aussi fraîches que celles de France; el à droite encore, à 720 mètres,
sur un ressaut du Zaccar, la non moins saine Miliana, prodigue en fonlaines, contemple,
au-delà de l'ample vallée du fleuve, l'admirable déploiement des bastions de l'Oaaran-
sénis. Au moyen du barrage de dérivation des Béni-Rached, le Chèliff désaltère les
campagnes d'Orléansville.

Sous le nom de Chiffa, le Mazafran fend en deux l'Atlas blidéen; il s'associe le
torrent de la ville des orangers, la très gracieuse Blida, traverse la Métidja, la plaine
« incomparable » et sépare le Salael de Coléa du Sahel d'Alger; son onde vive se
iaunil aux rigoles d'arrosage; le nom en fait foi Ma Zafran, l'Eau de safran.
Lisser draine &il ,500 hectares; il erre sur le plateau de Béni-Sliman; ses
gorges de Palestro tracent la route de l'est au chemin de fer d'Alger à Conslanline.
Le Sébaou, plus de sept fois plus court que le Chèliff en un bassin trente-et-un
à trente-deux fois moindre, répond beaucoup, mieux à l'idéal d'un fleuve des neiges,
des glaces, des ruissellements, des fonlaines, en un djebel supérieur à 2,000 mètres, il
n'est pas d'humeur à céder aux premiers commandements de l'été; fait de gaves et gave
lui-même, il résiste à la sécheresse; le soleil ne l'anéantit jamais et ses acifs (ruisseaux)
ne sont pas des oueds ou, comme dit le calembour, des ueds, c'esl-à-dire des oueds
sans o (sans eau).

Le Salael ou Soummam arrive en mer au golfe de Bougie, « la perle de
la Méditerranée », avec le tribut de 911,500 hectares; il unit le Sahel, venu
du Dira d'Aumale (1,810 mètres) et du plateau des Aribs, et le Bou-Sellam de Sélif,
ville à 1,087 mètres d'altitude; il s'ouvre aux torrents très capricieux, souvent défail-
lants, des monls au midi desquels des oueds plus fantasques et plus estivalement
maigres encore, fuient (quand ils courent), vers la grande lagune de la Hodna
(75,000 hectares). Celle Hodna est un chotl à hOO mètres au-dessus des mers, entre
des steppes buttant de tous côtés contre des sierras chauves.

L'Agrioun est le Sébaou de la Petite Kabylie, comme le Sèbaou est l'Agrioun
de la Grande; il n'écoule que 130,500 hectares, mais les Babors épanchent des
sources de pied de falaise, des écharpes de cascatelles, des oueds de neiges fondues el
de pentes verglassées, des pluies d'orage (c'est par ici le plus mouillé du Tell français );
violent, retentissant, tumultueux, il luit dans le Chabet-El-Akza ou défilé de l'Agonie.
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