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rable Allas, ici moins amenuisé qu'en Tunisie, mais moins massif et presque deux
fois moins élevé que le grand Adrar marocain, celui-ci supérieur à 4,000 mètres,
peut-être même égal aux Alpes suprêmes. Allas, c'est probablement le mol berbère
Adrar, la Montagne.
Sans lui, sans celle barrière que franchit le sirocco, mais que respecte le sable
des Grandes Dunes, sans cet énorme soulèvement orienté de l ouest-sud-ouest à l'est-
nord-esl, suivant la ligne qui relie le pic océanien de Ténérife au pic sicilien et méditer-
ranéen de l'Etna, sans ses roches, ses neiges, ses oueds, il n'y aurait sans doute ni
Algérie, ni Tunisie, ni Maroc. La magnifique région qui reste le dernier espoir (et déjà
la réalité) de la France, l'Atlantide, longue de six cents lieues, serait à peu près vide
d'habitants et presque vide de sens, comme celle Tripolitaine où le sable blanc du Sahara
borde l'azur de la Méditerranée.
Chez les Marocains l'Adrar, ici longtemps, là toujours neigeux, donne l'être à
de superbes torrents qui se mêlent en fleuves réels, non en fleuves théoriques ainsi
que le sont un peu ou beaucoup les tributaires de la Méditerranée algérienne.
En prenant nos fleuves, puisque fleuves il y a, de ce Maroc ruisselant d'eau
courante, à la Tunisie où l'eau court moins encore qu'en Algérie, on tombe d'abord
sur la Tafna, oued de 800,000 hectares de bassin très peu grandi par les torrents
présentement marocains de la région des Angads et du domaine des Béni-Snassen ni
l'Isly, célèbre par l'inutile victoire de 18h5, ni la Mouilah ne lui versent d'onde exubé-
rante; mais les monts de Tlemcen, ainsi nommés d'une ville qui fut la capitale d'un
grand empire berbère, l'avivent de torrents éternels tout près de Tlemcen, l'un
d'eux s'abîme par les cascatelles charmantes d'El-Ourit, hautes ensemble de trois
cents mètres.
La Macla tombe dans le golfe de Mostaganem et d'Arzeu, à l'issue d'une conque
de \,ih0,000 hectares. Elle unit deux longs oueds, le Sig et l'Habra. Le Sig rafraîchit
du mieux qu'il peut les campagnes de Sidi-bel-Abbès, puis celles de Saint-Denis-du-
Sig; au profit de ces dernières une digue le refoule dans le réservoir des Grands
Cheurfas, capable de 18 millions de mètres cubes. L'Habra s'endort derrière le
barrage de l'Oued-Fergoug, dont les 30 millions de mètres cubes primitifs sont déjà
réduits par la vase à 25 millions seulement, pour l'avantage des plaines de Perrégaux.
Les riviérettes qui la composent, dans les monts crétacés de Saïda, naissent de belles
fontaines telle celle de Tifrit fhOO litres par seconde) et l'un de ses affluents,
l'Oued-Fekan sort d'un gour versant rarement moins de 500 litres qui ramène au jour
les eaux perdues dans le filtre de la féconde plaine mascaréenne d'Eghris.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-L15-126 (31, 32)