ALGÉRIE ig
plateau du Tademaït, non loin de la touatienne Insalah, dont on faisait si grand bruit avant
de la connaître; or, celle ville au nom retentissant n'est qu'une bourgade. Ouargla fut une
capitale du Sahara; de son passé commercial, social, politique, de l'ère de ses sultans,
il ne lui reste que 2,000 âmes; 500,000 dalliers entourent celle vieille « reine du
Désert A 300 kilomètres à son sud-ouest, El-Goléa montre comment pourra refleurir
le Sahara; non le Sahara tout entier, mais certains lieux élus un puits artésien vient
d'y débonder une riviérelle souterraine qui provoquera des milliers de palmiers.
On estime que le Tell de Conslantine ou Tell numide égale en étendue le Tell
Oranais el le Tell Algérien réunis; c'est que, s'il n'a pas plus de 100 kilomètres de
profondeur par le travers de Bougie, de Sélif, il atteint ou dépasse 200 sous les méri-
diens de Constantine, de Bône, y compris les plateaux moins pluvieux, moins féconds
moins habités qui s'allongent entre les sierras côtières et l'Aurès d'entre Demi-Tell et
Désert.
Le Tell numide étant des trois le plus vaste, le Sahara numide est le plus beau
du versant méridional de lAurès, monls aux neiges de longue persistance, s'écroulent
des torrents dont la voix passe en temps « chaleureux » du grondement au murmure
mais jamais au silence; des gangues de la sierra s'échappent, devant la montagne, les
superbes fontaines des Zibans, qui font le nombre, la grandeur des oasis du pays de
Biskra et le million de palmiers au nord, ci l'ouest du grand Choit Melrir.
Au midi de cetle lagune Melrir, un fleuves mort en apparence depuis des siècles
(ou des millénaires), l'lgharghar, coule en-dessous au lieu d'en dessus; il arrive du
Grand Sud, du centre même du Sahara, de l'Ahaggar el du Tifédest, massifs de
1,500 à 2,000 mètres où s'est révélé récemment plus d'eau courante ou dormanle
qu'on aurait osé l'espérer.
L'Igharghar s'enfouit dès sa sortie de la montagne natale; accru cr yptiquement
par l'Oued Mia, il reparaît à partir de Touggourt, à 1,000 kilomètres à vol d'oiseau de
ses origines, par les merveilleux puits de l'Oued-Bill, fonts arlésiennes qui donnent
ensemble plus de 4 mètres cubes par seconde pour la sève de 700,000 arbres à palmes
et des jardins que les dalliers garent à demi du triomphant et meurtrier soleil.
A l'orient de l'Oued-Rir, l'Oued-Souf n'existerait pas sans une riviérefte
hypogée dont le principe est au loin dans le Sud 180,000 palmiers, plantés dans des
entonnoirs de la dune, y puisent par leurs racines ci l'onde ténébreuse ce n'est pas
la soif qu'ils redoutent, c'est l'ensevelissement sous les sables mobiles.
Les monts du Sahel,, les rides intérieures, les pics, les crêles, les montagnes
à table laissées en témoins sur les plateaux, la sierra saharienne, tout cela c'est le véné-
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-L15-126 (31, 32)