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'4 SITES ET MONUMENTS

basse, coteaux aimables, mais au confraire colline escarpée, falaise, mont de 500,
800, 1,000, 1,200 mètres. Avant que la vapeur eût vaincu les autans, les aquilons et les
flots, celle « côte de fer » était aussi redoutable par les vagues qui plaquaient le navire
contre le rocher que par les corsaires qui sortaient de ses criques trailresses.
La rive de mer se nomme Sahel Sahel d'Oran, de Mostaganem, de Coléa,
d'Alger, de Bougie, de Philippeville, de Bône, de la Calle.

Ce Sahel, ces Sahels sont vraiment des lieux d'élection, des édens ou il fait
bon vivre le « Roumi » corruption du nom de Romain c'est-à-dire le Chrétien,
l'Européen y oublie aisément la patrie, encore que les « Léthés » qui s'y perdent en
Méditerranée s'y boivent presque d'une seule haleine. L'enivrante beauté d'Alger est
faite de ciel, de mer et de sahel et aussi des montagnes du vieil Allas à neige
hivernale qui clôt au midi la Mélidja comme d'un mur de 1,200 à 1,627 mètres de
hauteur tandis que, vers l'orient, le Djurdjura des Berbères, que la neige, la glace
abandonnent chaque année pour de brèves semaines seulement, s'élance à 2,308 mètres
c'est le plus haut de tous les Sahels algériens à l'est de Bougie le Babor
(2,004 mètres) a trois cents mètres de moins que lui et les autres djebels côtiers
en atteignent rarement 1,000.

Ces Sahels sont grands, superbes, décoratifs ils font à l'Algérie une « Côte
d'Azur que le vent du nord rafraîchit alors que le vent du sud chauffe la Corniche
de Provence mais ce qu'ils donnent en grâce, en magni ficence au rivage, ils l'enlèvent
en puissance et forlune aux vallées de l'intérieur, car dès qu'ils dépassent la taille de
colline, ils barrent aux pluies de la mer le chemin du continent.

Ainsi, à 25, 30, 40, rarement 50 kilomètres de la Méditerranée, et séparé
d'elle par les bombements du Dahra d'Oran (800 mètres ), du Dahra d'Alger
(1,100 mètres), du Zaccar (1,579 mètres), le val du Chèliff alluvion prqfonde, est
comme une terre maudite.

Avec des pluies régulières nous aurions au long de ce maigre fleuve à l'eau
louche, rare, presque absente la moitié de l'année, une Métidja moins large, mais trois
fois plus longue que la plaine infatigablement créatrice qui fait l'orgueil, l'opulence de la
joyeuse Alger. Par malheur, il n'y pleut presque jamais le ciel y est beau, mais ciel
serein, voûte anhydre Il y fait aussi chaud qu'à Biskra, le palmier y mûrit ses dattes
comme en Sahara, les épis y grillent, toute herbe y rôlit, sinon par le hasard d'une
de ces années moins sèches que d'autres dont les Arabes proclament qu'elles ont « les
éperons verts », et comme nous dirions une année verte, au lieu de jaune et blafarde.
Heureusement, des monts sevranl au nord la vallée des haleines de la mer, et
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