LAH.EBELLE u3 1) qui n'est, pas lui. Abîmée dans une attente contemplative, elle ne prévoit rien de l'avenir, rien que la première ren- contre des regards, et la surprise de Noël et leur trouble à tous deux. « Ah ses yeux clairvoyants comme ils liront, en moi, tout de suite. » Rambouillet. Le train s'arrête. Claude s'aplatit le nez contre la vitre et iL énumcre, tout haut, les objets de son admi- ration. Prends garde, mon petit 1. La portière s'ouvre. Une vieille dame se liisse, péniblement. Josanne, obligeante, lui offre la main. Madame. Merci et pardon, madame 1 Claude, viens là 1 Oh il ne me gênera pas, ce petit. Mais. mais. je ne me trompe pas. C'est vous, madame Valentin 1 Je ne vous reconnaissais pas sous cette voilette. Quelle bonne chance Quelptaisir' Madame Grancher Comme on se retrouve r Deux marchands beaucerons en blouse raide, une paysanne au profil de poule, une religieuse anémique, un soldat rouge de peau et de cheveux, approuvent, en hochant la tête, la bienveillance du hasard qui réunit la jeune dame et la vieille dame. Et tous à la fois, sauf la religieuse qui marmonne son chapelet, commencent le récit de rencontres extraordinaires qu'ils ont faites, en chemin de fer. Madame Grancher paraît contente. C'est une femme de cinquante-cinq ans, courte, grasse, qui a de la préciosité dans les manières et dans l'accent. Et cette préciosité dissimule mal le fond vulgaire de sa physionomie. Elle est complimen- teuse et doucereuse, méfiante, à l'afl'ût de tous les secrets. Josanne pleurerait d'agacement. Elle doit se contraindre à une joie polie, mais elle envoie au diable la vieille avare qui, malgré ses rentes, voyage en troisième classe. N'a-t-elle pas honte, vraiment ? a On est bien mal, dans ce wagon dit Josanne en désignant, d'un coup d'œit, les banquettes couvertes de cuir,