ET LA DESCENTE DE HENRI III EN BRETAGNE.
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étaient alors d'accord avec Pierre; beaucoup firent hommage à
Henri III et lui prêtèrent serment de fidélité, tandis que le comte
lui livrait ses villes fortes et ses châteaux. Cependant la noblesse
du pays n'était pas tout entière dévouée à cette mauvaise cause
le propre beau-frère du comte, André de Vitré, tenait ouverte-
ment le parti du roi de France'. La fidélité de ce seigneur et de
plusieurs autres, qui se préparaient à la résistance, importait fort
à Blanche de Castille et à son fils dès le début des hostilités, ils
avaient en Bretagne quelques sujets fidèles, en attendant le jour
où tous ceux qui craignaient ou détestaient Pierre Mauclerc
allaient se retourner contre lui.
Henri III ne se proposait pas de rester longtemps sur les bords
de la Rance, ni de la franchir pour attaquer immédiatement la
Normandie. Il devait tout d'abord marcher vers l'Anjou, d'où le
roi de France avait expulsé le comte de Bretagne, vers le Poitou,
dont la noblesse toujours remuante et prête à tourner semblait
disposée à rappeler les Plantagenets, ses anciens maîtres. Son
séjour à Saint-Malo fut de courte durée. Le 4 mai, il data de cette
ville des lettres autorisant les Templiers de la Rochelle à commu-
niquer librement avec ses États au moyen de leurs vaisseaux la
Templière et la Buzarde2. Il s'y trouvait encore le 5 et le 7.,
lorsqu'il donna des sauf-conduits à plusieurs des vaisseaux qui
l'avaient suivi; deux d'entre eux, la Bride et la Dameise,
étaient de Barfleur3. Avant de se mettre en route, il accorda des
lettres de protection et de sauvegarde à la ville de Saint-Malo et
à ses habitants, qui reçurent la permission de commercer en
Angleterre4. Puis il partit (8 mai) pour Dinan, où il comptait se
rencontrer avec sa mère, la reine Isabelle. Son intention était de
passer ensuite à Nantes, pour essayer de gagner à sa cause le
mari de cette princesse, le comte de la Marche et d'Angoulême,
Hugues X de Lusignan. Nicolas de Moles fut envoyé en avant
t. Roger de Wendover, t. II, p. 384, et Mathieu de Paris, t. 111, p. 194-195.
André de Vitré avait épousé Catherine, fille cadette de Constance de Bre-
tagne et de Guy de Thouars, sœur de la comtesse Alix et belle-sœur de Mau-
clerc. Plusieurs documents intéressant ce seigneur se trouvent réunis dans un
vidimus conservé aux Archives nationales (AA. 60, dossier 1544) je dois l'in-
dication de cette pièce à l'aimable obligeance de M. Campardon.
2. Record office. Patent rôtis, 38, 9 r°; 4 mai 1230 « De licencia concessa
veniendi in terram et potestatem domini regis. »
3. Patent rolls, 38, 9 r°.
4. Ibid.; 7 mai « De protectione. »