22 LES PREPABAHFS D'UNE mTAS!0!t ANGLAISE barqua' le 1~ mai, ~te de saint Philippe et de saint Jacques, on mit à la voile. Le lendemain, Henri III, ayant avec lui seulement une trentaine de vaisseaux, s'arrêta pour la nuit à l'île de Guer- nesey, afin de donner un peu de repos, au milieu d'une traversée pénible, à l'une de ses sœurs, qui l'accompagnait~. Le vendredi 3 mai, il prit terre à Saint-Malo, avec Guillaume le Maréchal, comte de Pembroke, les comtes de Hereford et de Glocester. Le justicier d'Angleterre Hubert de Burgh, le comte de Chester et de Lincoln, le comte de Huntingdon, Philippe d'Aubigny et quelques autres seigneurs étaient arrivés dans ce port la veille au soir. Ce n'était là qu'une faible partie de l'armée anglaise le gros de la flotte, ayant à sa tête le comte Richard, frère de Henri, s'était séparé à Guernesey des vaisseaux qui accompagnaient le roi. Richard, comte de Ferrers, le connétable de Chester et presque tous ceux qui allaient envahir la France débarquèrent, dès le jeudi 2 mai, au port de Saint-Gildas, dont nous ignorons l'empla- cement exact, mais qui, selon toute apparence, se trouvait sur la côte septentrionale de la Bretagne, à quelque distance de Lannion et de Morlaix 3. Henri III, dès qu'il eut appris leur arrivée, leur ordonna de marcher à sa rencontre dans la direction de Lamballe, leur donna rendez-vous à Dinan et leur envoya des voitures des- tinées au transport de son trésor. Pierre Mauclerc se trouvait alors à la frontière de l'Anjou, prêt à s'opposer à la marche de Louis IX, qui était encore en terre française et s'avançait vers Angers. Dès qu'il eut appris l'arrivée de son puissant allié, il se rendit en toute hâte à Saint-Malo, où il arriva le 6 mai. Le 7, le roi d'Angleterre et le comte de Bre- tagne eurent une conférence~. La plupart des vassaux bretons 1. Roger de Wendover; Mathieu de Paris. 2. Tous les faits relatifs à la traversée et au débarquement des Anglais nous sont connus par Roger de Wendover et Mathieu de Paris, et surtout par deux lettres, l'une de Nicolas Nevil et de ses compagnons à Raoul, évoque de Chi- chester et chancelier d'Angleterre, l'autre du comte Richard, frère de Henri III, à Gautier, évêque de Carlisle (Shirley, Royal and other A!S letters,
t. I, p. 364-365, et p. 361-363).
3. Record office. Close roUs, 41, 8 r" <( Tunc transferant se versus duo cas-
tra comitis Britannie, que sunt prope portum qui vocatur Sanctus Gildasius,
quorum unum vocatur Lanniun et alterum Mnntrelès. » Ce port de Saint-
Gildas ne peut donc pas être identifié avec Saint-Gildas de Ruis, situé près du
Morbihan.
4. Lettre de Nicolas Nevil Shirley, t. 1, p. 364-365.