Deuxième Année. No 19. 1 ~1er Janvier 1918. LE CAFARD M I ~tt~~ ORGANE DES FOYERS DU SOLDAT 't/ç W'~ ~r~~ 11°5 2g, 27, 42 et 43 · ~< ,y.. ,~1 ~––––––– ~i D)RECT)ON:~ de chaque mois. –––– 28,~ «M C).Mtr.M, BORDEAUX de chaque mots. T~I~PNOVE 41-2B ea t La Oïfeettea du C.'AfiARfl MUSELÉ" accepter* avec reconnaissance tous les manuscrits que les militaires E ,5tion du 44 enplIRO voudront bien tMt remettre. vouilront bien lui remettre. ^1918 ♦^ fi Chers Camarades, La Direction da Cafard muselé vous envoie ses.. vœux les plus sincères à l'occasion de la nouvelle année, de cette transition imperceptible du passé vers l'avenir! Nous sommes toujours dans un état de transition, de progression vers la fin et le renouveau. Il fait bien froid en ce moment, mais, • courage, nous savons que le Printemps viendra, réjouissons- nous. La terre tourne inlassablement autour de son soleil! Puisse la 1918e orbite de notre ère s'imprégner tout particuliè- rement des rayons vivifiants et féconds de la-Lumière. ~S~.S~~S~~S~~S~~S~;S~S~~S~~S~S~~&S~S~ Quoique mort, il parle encore (Suite et fin.) La mort de nos valeureux défenseurs nous dit encore autre chose. Elle est une proclamation solennelle d'espoir et de confiance dans l'avenir; elle présage la victoire et la paix! Elle les rend certaines par son triomphal héroïsme; car seuls peuvent mourir les peuples qui s'abandonnent; les autres sont immortels. Toute race qui veut durer et prospérer est certaine de vivre, si elle sait mériter ta vie, par son labeur, sa constance et ses sacrifices 1 Ceux qui ont donné leur vie pour nous, ont concouru par cela même à l'affermissement de notre destin, à notre bien futur. Plus ils sont nombreux et plus la gloire du pays, sa puissance et sa prospérité, en seront assurées. Victimes saintes immolées sur l'autel de la Patrie, il ont contribué à la rendre plus forte; ils ontassuré son immortalité. Et, quand bien même la France devrait être momentané- ment vaincue, leur sacrifice n'aurait pas été vain; l'adversité ne serait que -provisoire et du creuset de l'affliction pourrait ̃. surgir plus' tard une France meilleure et renouvelée. Tertnllien disait un jour que le sang des martyrs était une ) semence de chrétiens. De même le Eang de nos fiers' soldats deviendrait, au besoin, pour l'avenir une semence de héros et de bons Français. « Bon sang ne peut mentir. » Et quand une race compte tant de vaillants défenseurs, elle est impérissable; elle peut sortir victorieuse même du tombeau, et renaître de ses cendres. Mais nous n'aurons pas besoin d'en faire l'expérience cette épreuve nous sera épargnée. La France de l'Yser, de la Marne, de Verdun, est toujours la France éternelle, celle que le monde entier salue avfc admiration et qu'il aime d'un fervent amour. ` Puisse la foi profonde qui anime nos chers soldats se communiquer à nous et vivifiér la nôtre On m'a dit de divers côtés qu'il y a beaucoup plus d'énergie et de confiance vaillante au front qu'à l'arrière. Il semble que ce renseigner ment soit exact, hélas! au moins dans un grand nombre de cas. Et n'est-ce pas une honte pour nous qu'il puisse en être ainsi? Si parfois, bien rarement, certains combattants ont eu des défaillances, c'est parce qu'il s'était glissé parmi eux des propagandistes de lâcheté pour leur inspirer des pensées -de découragement. D'où venaient ces étranges prédicateurs de la désertion? Ils ne venaient pas tous de l'étranger; il y avait aussi des émissaires venus de l'intérieur, ceux que l'on a stigmatisés de cette épithète ilêtrissante « les défai- tistes », c'est-à-dire, ceux qui, par leurs maléfices, préparent la défaite de la France et la rendraient trop certaine, s'ils étaient écoutés · Se pourrait-il qu'il y en eût parmi nous? Pour notre honneur, je veux croire qu.s non. Mais il en est peut-être, dans nos rangs, qui se laissent impressionner fâcheusement par ces menées coupables, et qui sont tentés de douter et de se “ décourager. Eh bien, au nom de la Patrie menacée, au nom de l'Hon- neur national et de notre honneur individuel, ait nom du Droit imprescriptible qui ne saurait périr nous les conju- rons de résister à cette odieuse tentation, de la surmonter et ~Mela vaincre. Nous les supplions d'écouter lés voix qui les invitent à la vaillance et à l'espérance, la voix des vivants qui leur crie Courage, et la voix des morts surtoujvqui leur dit Ne craignez rien, croyez seulement, et '«bus, verrez resplendir un jour, dans un monde renouvelé, la • eloire de la Patrie 4 En résumé, nos morts chéris nous laissent un exempte, ils nous communiquent une force.