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Première Année. N" 1. J 15 Février 1917.
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/3fl?^*X ORGANE CES FOYERS DU SOLOAT H°» 23, 27, 42 et 43

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r Paraissant/les le et 15 A.~K DIRECTION
X^&ê^Kkque mois. 63, xae Tuienne, BORDEAUX
La Direction du •• eaPHRO MUSELÉ acceptera avec reconnaissance tous les manuscrits que les militaires
voudront bten lui remettre.

BABIbliAGE

Salut, mon vieux!

Ne t'étonne pas de mon déshabillé. Je viens de
naître. Je vagisencore et déjà je jase! 1

Pourquoi suis-je là? Qui m'a conçu? Que vais-je
faire et devenir? Chi lou sab?

Avant tout, j'ai froid tout seul je t'en supplie,
réchauffe-moi, donne-moi de quoi me vêtir, de grâce 1
Je veux être l'enfant, le gosse des Camps. J'ai de
bonnes intentions, adopte-moi et sois indulgent à mes
premiers pas. Prête- moi tes godillots pour m'éviter
des cors, je nagerai dedans, mais ce ne sera pas la-mer
à boire. Je suis modeste, je ne réclame point les
grands horizons du Petit Poucet; je voudrais cepen-
dant, comme lui, savoir franchir les obstacles et
pouvoir, le cas échéant, promener ma botte quelque
part à ceux qui me tourneraient le dos ou qui, infatués,
se montreraient trop difficiles.

Tout nouveau-néz que je suis, j'ai et je flaire des
projets 1

D'abord, je proteste de toute mon énergie infantile
contre le nom dont mes_ parents inconnus m'ont doté:
quoique zélé, comme certains insectes du genre soldat
recherchant la chaleur des foyers, je ne suis ni
«cafard» ni «muselé». J'espère, qu'au contraire, on
attend de mon intellect de jeune poilu. c'est le
cas de le dire, puisque je suis encore d poil. de
museler les sales bêtes de cafards que je risque de
rencontrer.

Une fois que tu m'auras habillé, je te promets de
faire mon possible, tout de bon sens.

Je me propose de te divertir en me couvrant de
bouts de papier ramassés de droite et de gauche, mais
bien entendu en évitant ceux avoisinant les. faction-
naires je laisse volontiers ceux-ci à ceux-là, dont je
n'envie pas le mot d'ordre spécialiste qui les carac-
térise. i t f tt

i ï C

Mes bouts de papier devront être empreint des
lumière émanant soit de main de maître, soit tout
bonnement du soleil qui luit pour nous tous. J'aime le
soleil, je n'aime pas lorsqu'il se cache derrière les
nuages: on peut toujours se mettre à l'ombre s'il
chauffe par trop. Je désire aussi offrir à tous les poilus
cet abri, lorsqu'ils voudront se reposer.

Par la porte large ouverte de notre foyer, nous lais-
serons entrer les rayons de soleil de toute espèce, nous
les capterons comme au travers du foyer d'une grosse
lentille, que je voudrais être plutôt que le foyer d'une
citrouille; à l'aide de ce rayon enflammé, uous trace-
rons des histoires sérieuses, des histoires gaies, sur les
pages blanches de l'avenir. Ainsi, je deviendrai le
Foyer lumineux des « Foyers du Soldat», si dieu me
prête vie j'en serai l'âme puisque la foi y est. Mais
encore une fois i' est nécessaire, grand frère, que tu ne
sois pas trop exigeant On fait comme on peut, et puis,
1 après tout, si l'on n'est pas content vive Cambronne f
LE Gosse.

1 2)ing Boum -Boum

Aux Récupérés et à la Classe 17
Camarades,

Votre tour est arrivé de renforcer vos camarades qui sont
au front. Je. pense que vous serez dignes de vos aînés, que
vous serez comme eux, des braves

Sachez-le bien, ils sont aux yeux de leurs frères d'armes,'
les « Alliés », le symbole du courage; aux yeux de toutes
les nations, les sauveurs de la Liberté des héros.

Dois-je vous exposer leurs exploits? Vous n'en avez pas
besoin pour exalter vos sentiments patriotiques. Si vous êtes
dignes de porter le nom de Français, si vous aimez votre
Patrie, c'est-à-dire vos parents, vos foyers, tout ce que vous
avez vu depuis votre enfonce, vous devez savoir que votre
devoir est de faire, sans hésiter, tous les sacrifices pour la
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