r. PARTIE d*Astile£ la plus heureufe de toutes ils virent venir ducoftédupré deux Bergeres, & trois Ber- gers, qui à leurs habits monftroient d'eftre étrangers, & lors qu'ils furent vn peu plus pres, Leonidequieftoitcùrieufe de connoi- ftre les Bergers & Bergeres de Lignon par leur nom, demanda qui eftoient ceux-cy. A qtioy Phiîlis refpondir qu'ils eftoient.eftran gers, & qu'il y auoit quelques mois qu'ils. eftoient venus de compagnie que quant à elle, elle n'en auoitautrc connoilïànce. Alors Siluandreadjoufta qu'elle perdoit beaucoup deneîesconnoiftrepas plus pardculiereméc, carentr'autresilyenauoit vn nommé Hylas de la plus agréable humeur qu'il fe peut dire, d'autant qu'il ayme, difoit-il, tout ce qu'il void mais il a cela de bon, que qui luy fait le mal ,luy donneleremede parce que fi fon. inconftance le fait aimer, fon inconftance auP fi le fait bien toft oublier, & iladefiexcraua- gancesraifonspourprouuerfon humeur eftre !a meilleure qu'il eft impofiible de l'oüyr fansrife. Vrayement, dit Leonide, fa com- pagnie doit eftre agreable, &faut que nousle mettions en difcours auffi toft qu'il fera icy. Cefera,refpondit Siluandre, fans beaucoup de peine car il veut touiiours parler aiais fil efl: dr cefte humeur, il y en a vn autre auec iuy,quien a bien vne toute contraite par ce qu'il ne fait que regretter vne Bergere mor- te qu'ila aimée. Celuy-là eft homme raffis, & monftre d'auoir du jugement; mais il eft