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Prix i centimes.

LETTRES AU PEUPLE
(g( R J J^-EORGE SAND (<)

X^£^Ki^J/ PREMIERE LETTHE.

HIER ET AUJOURD'HUI.

Bon et grand peuple, aujourd'hui que la fatigue de la noble
victoire commence à se dissiper, résume un peu ton histoire
depuis huîL jours; essuie ton sang, ta sueur et tes larmes,
agenouille-toi devant Dieu et, à cette heure sainte eL solen-
nelle tu vas reprendre la chaine sacrée du travail, médii**
nu înslant sur tes destinées. Descends dans ta conscience,
interrogr, ton cœur, qui ne fait qu'un avec tes pensées; re-
cueille-loi, Iténis la Providence, et, avec l'aide divine, con-
nais-loi toi-même.

Un abime ton sang a coulé sépare ton existence d'hier
de celle d'aujourd'hui. Hier, tu semblais écrasé, anéanti par
la souffrance la pairie était en danger plus qu'elle ne le fut
jamais à l'aurore de notre Uépub!ique»car la honte pesait sur
nous, et la honte est mortelle à celle nation qui s'appelle la
France. Hier, tout semblait perdu, et ceux-mêmes qui voyaient
de près la puissance du mal la croyait étahlifi pour longtemps
encore. Bien peu triomphaient diiris leur démence; beaucoup
s'alarmaient vaguement du lendemain aucun ne se sentait
la force de te résister. La piupnrt de ccux-mêmes qui possé-
(1) Cette édition se vend un profit des ouvriers sans ouvrage. C'est par suite
d'un intilâiitendu, et en l'ahsenre de l'riuttwi'j a fuit, rie la pj'Cmïèrfi odi–
timi, un? pnb'ieatioii fie luxe.

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