schiste, dépouillés de toute végétation, entassés les uns sur les autres. La passe serpente en lacets, brusquement interrompue par des .angles saillants, faisant place presque aussitôt à de nouvelles sinuosités. Un petit ruisseau, alimenté par les filets d'eau qui cou-, rent et bondissent de roches en roches, suit le chemin, et parfois, dans une chute rapide, devient un torrent fougueux. Ce ruisseau peut être barré aisément par. les montagnards du Khyber. Le fort Ali-Musjid, assis sur un plateau escarpé et rocheux, a 700 mètres d'altitude. Il ferme l'entrée de la passe de Khyber et commande en même temps le K^fir-Thungi, ou « Passe des Infidèles », à l'est. Le plateau qu'il occupe ne peut être escaladé de front. Le feu de la forteresse est secondé par celui'd'un autre ouvrage de défense établi sur une colline opppsée. Les deux systèmes sont néanmoins dominés eux-mêmes par les collines environnantes, d'où l'on peut les tracasser avec des armes à longue portée. r Le chemin laisse le fort d'Ali-Musjid au sud 'et gravit' les pentes du plateau. Après quelques kilomètres de parcours, il s'élargit peu à peu, et la passe atteint des proportions tellement considérables que d'un côté à l'autre on peut mesurer plus d'un kilomètre. En même temps, les hauteurs qui l'encaissent deviennent moins abruptes. La route entre ensuite dans la vallée de Lala-beg, qui' a environ 10 kilomètres de long sur 2,400 mètres de large. Cette vallée est à mi-chemin de la passe.' À son extrémité occidentale,- elle se rétrécit tout à eoupj et le défilé est alors si étroit que deux chameaux y peuvent à peine'passer de front. A deux kilomètres et demi de cet endroit s'élève le Lundée-Khana, plateau assis à 1,000 mètres d'altitude, bordé d'un côté par une immense muraille de granit; et de l'autre par un précipice béant. C'est le point le plus pénible de la route, et pour l'artillerie il est presque imprati- cable. Les pièces de gros calibre, y doivent être démontées et por- tées. Une fois arrivé à Lundee-Khana,' on dévale du plateau sans difficulté. Désormais la route est bonne, la vallée s'étale à droite et à gauche, les pentes s'adoucissent. La passé se termine en face de Daka, petite ville afghane, située à 12 kilomètres du sommet de Lundee-Khana et défendue sur la rive droite du Caboul-Daria par un fort carré dont chaque e front de rempart a 25 pieds de haut et 400 mètres de long. Dans sa longueur totale, depuis le fort Ali-Musjid jusqu'au fort de Daka, la passe de Khyber mesure, 35 kilomètres de parcours. La distance de Peshawar à Daka par le Shadi-Bajawaru est de 63 kilomètres, par le Julogi elle est de 71 kilomètres. Quelque formidable que soit ce défilé, il a été, à plusieurs épo- ques, traversé avec succès par des armées plus ou moins nom- breuses, les unes descendues du Toit du monde, les autres parties de la vallée de PIndus et opérant l'ascension des hauteurs. Depuis Alexandre le Grand jusqu'à nos jours, la liste est presque intermi-