plutôt une réunion de plusieurs grands villages qu'une ville pro- prement dite. Ses rues ne sont guère praticables pour les voitures. La population de cette ville a été évaluée très diversement. Les uns la portent à 80,000 habitants, d'autres réduisent ce chiffre à 50,000. Hérat. Hérat est la ville gardienne de l'Afghanistan occidental, sa vraie citadelle, et le sommet de ce triangle stratégique dont la hase a pour angles Candahar et Caboul, triangle sans lequel on ne peut se flatter de tenir l'Afghanistan. Aussi a-t-elle été, de temps immémorial, signalée comme un de ces points d'appui qui donnent le moyen de soulever un monde. Phrase hardie, mais sans exagé- ration. L'importance de Hérat ne réside du reste pas exclusivement dans sa situation stratégique, commandant les vallées qui mènent au seul point vulnérable de l'Inde. Elle est,aussi dans la fertilité et la richesse de ses environs, qui peuvent fournir à bref délai tout ce qui est nécessaire au ravitaillement et aux transports d'une armée. Hérat est, en effet, le grenier de l'Asie centrale, et il est peu, de poètes persans qui n'aient parlé d'elle comme du plus merveilleux des jardins. Son antiquité la rend en outre vénérable. Connue des Grecs sous le nom d'Aria, elle fut pendant de longs siècles la capi- tale d'un royaume indépendant, et telle étaij son incomparable valeur que, « prise cinq fois et cinq fois détruite, elle renaquit cinq fois de ses cendres ». Il y a six siècles, elle était déjà lé rendez- vous des caravanes, qui y affluaient chaque année de tous les points de l'Asie.- Elle avait alors, au dire d'un historien contemporain, 12.000 boutiques, 6,000 bains publics, 350 écoles, 144,000 maisons habitées. Quand le torrent mongol, dévastant tout sur son passage, se répandit sur toute l'Asie antérieure au treizième siècle, Hérat perdit, assure-t-on, en moins de dix ans, plus d'un million et demi d'hommes. Malgré ses désastres, elle recouvra sa splendeur et la conserva jusqu'à une époque rapprochée de la nôtre. 1 La ville de Hérat est située sur la rive gauche du Hari-Roud, qui y apporte ses eaux par .divers canaux. Elle est bâtie en forme de rectangle. Les côtés du nord et du sud mesurent 1,375 mètres, ceux de l'est et de l'ouest 1,460. lin immense ouvrage en terre de cinquante-pieds de haut, surmonté d'un mur de vingt-cinq à trente pieds d'élévation, lui sert de clôture et de rempart. La citadelle, appelée Tchagar-Bag, est au centre de la place. Elle est entourée d'une profonde tranchée qui peut être submdrgéè. EUe a cinq portes, dont une murée, toutes flanquées de deux bastions. Chaque porte est défendue par un pont-tevis. Chacun des murs d'enceinte est pourvu de vingt-cinq à trente bastions. Le glacis est protégé par deux tranchéea superposées. La place est défendue par vingt canons