Candahar. Canrîohar est, au même titre que, Caboul, Ghazni et Hérat, une e des clefs de l'Inde. On peut dire d'elle, comme de la capitale afghane, que nul ne peut, sans la posséder, être maître (le l'Afghanistan. Seconde ville des États des émirs et leur capitale jadis, elle est l'une des cités les plus renommées, -les plus indus- trieuses et les plus commerçantes de l'Asie. Les Afghans font remonter sa fondation à Alexandre le Grand, et quelques géogra- phes modernes se rallient à cette tradition (1). D'autres dérivent son nom de Kand, qui veut dire forteresse, en rappelant qu'elle était sous la dominatiop- mongole, la barrière opposée aux invasions persanes. Deux fois détruite par les tremblements de terre, elle a été successivement rebâtie. La ville actuelle est la quatrième qui s'élève sur le même emplacement. Elle a été fondée par Ahmed- Shah, premier souverain de la dynastie des Douranis, qui lui donna le nom de Ashreff-ul-Beland (la plus noble des cités), qu'elle porte encore dans la langue du pays et à la cour de l'émir. Mais le peuple l'appelle, comme aux temps anciens, Candahar. Ahmed-Shah fut enterré dans sa capitale favorite, et son tombeau devint l'objet de la vénération universelle l'émir lui-même n'ose point y faire rechercher le coupable qui y a trouvé un asile. ` La ville est assise entre la Tarnak et l'Argand-Ab, dans une plaine fertile de onze kilomètres de largeur, bordée par une ceinture de collines. Elle a la forme d'un parallélogramme régulier mesurant environ cinq kilomètres de circuit, et ayant pour côtés de gros murs en pisé de vingt-sept pieds de haut. Au 'centre de cette enceinte sont établis quatre grands bazars, dont les boutiques ont sur toute là longueur, une4 véranda.. Ces bazars occupent le carre- four des quatre principales rues. Chacun d'eux a une porte ouvrant sur la campagne, excepté celui du nord (porte EeJjah), qui fait face à l'ancien palais des souverains. La ville est découpée en îlots par plusieurs petits cours d'eau sur lesquels sont jetés des ponts de pierre. Elle est, comme Caboul, divisée en quartiers occupés chacun par une tribu différente. Les maisons sont bâties en briques rouges; mais leurs toits, au lieu d'être, suivant l'habitude, en terrasse, sont surmontés d'un dôme, à cause de la rareté du bois de construction. Les portes et les fenêtres sont cintrées. Ces maisons alternent avec des constructions en pisé dont les toits sont recouverts d'une'tente. Du haut des remparts la vue s'étend sur un paysage animé, à une distance d'une lieue et demie. L'aspect général de Candahar n'a toutefois rien d'imposant. C'est (1) Entre autres Vivien de Saint Martin. « C'est, dit-il, du nom d'Alexandrie ou Alexandropolis, qu'elle dut à son fondateur, que s'est formé par la prononcia- tion orientale (Kandor, Secander) le nom de Candahar. »