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et la ville se trouve ainsi divisée en autant de petites places forti-
fiées qu'elle a de sections. Ce moyen de défense est ce qu'on appelle
le koutchabandi. Les bazars sont indépendants de ces sections et
s'etendent généralement en ligne droite. Les deux principaux
sont ceux de Char et de Lahore, parallèles l'un à l'autre, de
l'est à l'ouest. Le bazar de Lahore aboutit à une construction qui
a quelque analogie avec le quartier du Temple à Londres on lui
donne le nom de Tchartchata ou Tchar-Tchivok (bazar des quatre
carrés). C'est une série de quatre cours rectangulaires entourées
de galeries et réunies par de courtes rues couvertes. Des fon-
taines publiques ornent ces cours, Depuis que le Tchartchata a
été presque entièrement détruit en 1842 par le général Pollock,
il n'est plus que le refuge des mendiants, qui pullulent à Caboul,
et des petits marchands, qui trouvent le moyen d'exploiter la der-
nière ressource de la misère. Ces revendeurs sont assis, les jambes
croisées, sur les comptoirs disposés dans les galeries du Tchar-
tchata devant les magasins ils ont étalé leurs marchandises. Ils
ont peut concurrents les innombrables industriels dont les cris
et les métiers sont aussi variés que dans nos grandes villes euro-
péennes, sans en excepter le marchand d'habits (1). En dehors
des bazars, Caboul ne possède guère de monuments publics dignes
d'intérêt.

Au centre de la ville, dans un enclos. découvert, est le tombeau
inachevé de Timour-Shah, peu remarquable et d'ailleurs mal entre-
tenu. Les mosquées sont mesquines, et pas un de ces minarets,
que l'on s'attend à rencontrer dans une capitale musulmane, ne
vient rompre, pour l'œil du spectateur, la triste monotonie d'un
océan de toits gris et plats. Ce qu'il y a en somme de plus curieux
à voir, ce sont les cimetières, aussi nombreux que les sectes reli-
gKuses. Chaque croyance a son champ de repos spécial. Ici. les
sunnites, les chiites, ailleurs les Arméniens, ailleurs les Juifs.
Une des tombes les plus intéressantes se trouve dans un petit
cimetière à l'est de la porte dite de Peshawar c'est une espèce de
tumulus en marbre, qui ne ressemble en rien aux pierres verti-
cales plantées habituellement par les musulmans au-dessus de la
tête de leurs morts.' L'inscription gravée sur ce tumulus est en
anglais du dix-septième siècle Elle constate que déjà, à cette
époque, l'élément britannique avait pénétré à Caboul.
Ghazni.

Ghazni ou Ghuzni est à 145 kilomètres au sud de Caboul et
à 7,500 pieds au-dessus du niveau de la mer peu près à la
m%e altitude que l'hospice du mont Saint-Bernard). Cette ville
(1) G. LE MARCHAND, Deuxième campagne des Anglais dans l'Afghanislan.
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