de hauteurs qui, venant du nord et de l'est, font en se recontrant un angle au sud-ouest. Elle est donc, en réalité, dans un cul-de- sac entouré de tous côtés par des montagnes énormes. Elle est élevée à près de sixmille quatre cents pieds (1,91 mètres) au-dessus du niveau de la mer, mais en même temps elle est dominée par une suite d'élévations, où il suffit d'établir des batteries à longue portée pour la réduire au silence. Le Bela-Hissar (citadelle) est une ville à part, entourée d'un mur bastionné. Il contient le palais de l'émir, des jardins, le tom- beau de Baber, quelques monuments publics, un fort intérieur et un millier de maisons avec un bazar. La ville proprement dite se compose de la vieille enceinte, où Ton compte environ 5,000 mai- sons et de vastes faubourgs. Sa population totale peut être éva- luée à 60,000 habitants. Comme aspect général, Caboul est une simple agglomération de murs et de bâtisses en torchis, ayant généralement un air misérable. Entie les maisons, avec une cour carrée intérieure sans ouverture au dehors, se déroule un laby- rinthe de rues étroites et sales où, quar.d il pleut, on piétine dans la bone jusqu'à la cheville et où croupissent les immondices, s'éta- lant impunément au soleil. Beaucoup de maisons n'ont qu'un étage; celles des riches, seulement, en ont deux; les toits sont plats, en terre damée, et entourée d'un parapet de trois à quatre pieds de hauteur. Les plus belles habitations se trouvent dans un quartier connu sous le nom de Chandol, à l'ouest de la. vieille ville, entre celle-ci et le fleuve. Ce quartier, qui n'était jadis qu'un village, est main- tenant le faubourg opulent » jde la capitale. Il est occupé presque exclusivement p"r les descendants d'une tribu persane établie à Caboul depuis la mort de Nadir-Shah. Ces Persans sont des musul- mans chiites, et par conséquent les ennemis religieux des sunnites, qui forment la plus grande partie de la population. Les chiites sont en quelque sorte parqués dans leur Chandol, que les autres habitants considèrent comme une espèce de ghetto. On leur donne le nom de Kizilbachis ou têtes rouges, sans doute à cause du fez qui leur sert de coiffure. Quoiqu'ils soient méprisés à raison de leurs croyances, les Kizilbachis exercent une grande influence sur les sirdars afghans; et comme ils sont plus ou moins instruits, ils occupent dans l'ariaéc-et dans l'administration des fonctions qui leur donnent une certaine influence politique. Ils sont, à la cour de l'émir, les meilleurs instruments des intrigues anglaises, beaucoup d'enire eux ayant servi dans les troupes natives de î'Inde.. La ville de Caboul est divisée en quartiers ou mahallas, qui se subdivisent à leur tour en sections ou .noutchas. Chacune de celles-ci est entourée d'un mur de clôture percé de petites portes. En cas de guerre ou de tumulte, ces portes d'entrée sont murées»