duits naturels ou manufacturés. L'Inde y apporte ses cotonnades, ses-indigos, ses épices et ses articles anglais; le Turkestan et prin- cipalement la Boukharie y vendent les étoffes de laine, les soieries, les velours, les brocarts, les dentelles, le papier, la poterie, la quin- caillerie, et servent ainsi d'intermédiaires à l'écoulement des articles russes. Caboul n'est donc, à proprement parler, qu'un lieu de transit; mais la présence de l'émir et de sa cour, ainsi que la gar- nison nombreuse, ajoutent à sa prospérité. H est d'ailleurs difficile de donner une idée exacte de Caboul à celui qui n'a jamais voyagé en Orient. Pourtant qui a vu le Caire e peut assez bien se représenter la capitale de l'Afghanistan. La ville rappellerait Bagdad, n'étaient les églises chrétiennes et les tombeaux musulmans que l'on rencontre en grand nombre dans cette dernière. En réalité, toutes les cités de l'Asie ont un air de famille très prononcé, et ne se distinguent guère les unes des autres, à moins qu'un grand nombre d'étrangers n'y aient établi leur domicile, ou que l'adoption volontaire des coutumes occiden- tales n'ait entièrement révolutionné l'opinion des indigènes en matière de confort et de besoins matériels. Il y a quelques années, Caboul n'avait pas encore subi l'influence de ces éléments; et les modifications qui ont pu s'y introduire depuis n'en ont guère changé l'aspect général. Tant que la configuration du sol environnant res- tera la même; Caboul gardera, avec son rang de capitale, son importance politique.. w Cette importance est justifiée, au reste, par d'autres titres. Caboul est une des plus anciennes cités de l'Asie. Non seulement son origine se perd dans la nuit des temps, et les traditions locales lui attribuent plus de six mille ans d'existence, mais la légende rapporte que Satan, chassé sur la terre avant la création de l'homme, descendit là et y jeta les premières assises des montagnes qui servirent à escalader le- ciel. Au neuvième siècle de notre ère, Caboul était, avec Ghazni, tributaire, de Bamian, dont les idoles gigantesques attestent l'antiquité. Elle "passa ensuite sous la domi- nation des Ghaznevides. Conquise plus tard par le sultan Baber, elle fit partie des États des souverains de Delhi. Nadir-Shah l'an- nexa à la Perse. Ahmed s'en empara au milieu d11 dix-huitième siède et la rendit indépendante. Timour.la prit pour capitale en Î776. L'importance stratégique de Caboul date du onzième, siècle. Lorsque le fameux conquérant Mahmoud de Ghazni se fut annexé le pays dont il avait été le gouverneur, il mit à profit la situation de Caboul pour tenir'en respect les populations nomades du nord, tandis qu'il portait ses armes victorieuses à l'ouest et à l'est, dans la Perse et dans l'Inde. Il fit bâtir à l'entrée de la ville une porte fortifiée qui. en défendait l'entrée et qui resta debout jusqu'à ce que les Anglais, en 1842, l'eussent remplacée par une construction en pierre brute et en briques cuites au solejl.