au nord par les monts Aimak; à l'ouest par le désert persan; au sud-ouest, par le Saistan; au sud, par la chaîne du Khoja- Amran, et à l'est par le pays des Ghilzaïs. Ils habitent la partie la plus fertile de l'Afghanistan, et sont, suivant la nature des loca- lités où ils vivent, laboureurs ou pasteurs. Ils représentent l'élé- ment le plus civilisé de toute la nation afghane. La terre qu'ils cultivent leur appartient; mais ils payent à l'émir une redevance militaire chaque charrue, suivant l'expression locale, fournit son cavalier armé. Ils ont une vieille aristocratie, qui a conservé tout le raffinement des mœurs persanes, et forme l'un des principaux soutiens du pouvoir suprême. Mais l'influence de cette aristocratie est restreinte à la localité où elle réside. Les plus proches voisins des Douranis sont les Ghilzaïs, moins nombreux, à vrai dire, puisqu'on n'en compte que 250,000, mais plus importants par leurs rapports commerciaux avec l'Inde et l'Asie centrale. En automne, ces Ghilzaïs franchissent les passes des monts Souleiman, et leurs caravanes se dispersent sur le terri- toire anglo'indien, où ils 'offrent les laines, la garance, l'assa- foetida, les fruits, les chevaux, en échange des armes à feu, de la poudre, de la quinine et des produits manufacturés de Manches- ter. Ces goûts de trafic les rendent peu propres aux combats, quoiqu'ils soient robustes et intelligents. Aussi en compte-t-ou fort peu dans l'armée active. Le territoire est considérable illi- mité au sud, il s'y perd dans le désert; au nord, il confine au Kohistan et va jusqu'à la capitale afghane, qui est dépendante elle- même de leur oulqusse (tribu). A l'ouest il touche aux monts Sou- leiman et enclave la ville de Ghazni. w Les Shinwaris peuvent mettre en ligne sept mille fusils. Belli- queux et farouches, comme tous les montagnards qui occupent avec eux la passe de Khyber, ils' se divisent en petits groupes ayant chacun leur khan particulier. Ils, reçoivent leur part des 10,000 ou 20,000 roupies (1) que le gouvernement de Caboul paye chaque année aux Khybériens pour laisser passer librement les caravanes. Les Touris habitent la vallée de Kourum; ils peu- vent mettre en rang six mille guerriers. 1 Les' Mohmounds se divisent en Mohmounds supérieurs et Mohmounds inférieurs.. Les premiers s'étendent jusqu'au Caboul- Daria et sur la rive droite de ce cours d'eau jusqu'aux montagnes du Khyber.'Ils comprennent vingt-cinq mille familles, gouvernées par deux khans. Les Mohmounds inférieurs, qui -peuvent mettre douze mille hommes sous les armes, occupent l'angle sud-ouest du district de Peshawar. Les Mohmounds sont les plus sauvages de tous les Pahtans. Les'Afridis sont les plus redoutables des Khybériens. Quoique (1) La roupie vaut environ 2 fr. 50.