mour Leng, Baber, Nadir-Shah, Ahmed-Shah-Dourani, ont tour {• tour accompli ce haut fait. En 1839, sir Claude Wade, à la tête d'un petit contingent de troupes irrégulières, força le défilé, prit Ali-Musjid et pénétra jusqu'à Jelalabad, en n'ayant perdu que cent quatre-vingts hommes. En 1840, lord Keane, après avoir placé Shah-Shoudja sur le trône, franchit la passe avec une partie de son armée. Deux ans après, le général Pollock acheva le même exploit dans des circonstances mémorables. Du fond des ravins, il tint en respect sous une pluie d'obus les assaillants postés sur les hauteurs, tandis que deux colonnes de douze compagnies chacune poussaient devant elles l'ennemi. Grâce à ce coup d'audace, Pol- lock délivra l'héroïque garnison anglaise assiégée dans Jelalabad. En arrivant à Caboul, le vaillant'corps expéditionnaire ne comp- tait que cent vingt-huit tués. Au retour, par la même voie, on ne perdit que vingt-six hommes. Les mêmes résultats se sont repro- duits dans les récentes campagnes. Il est donc hors dè doute que la grande barrière du Khyber ne présente pas un obstacle insurmontable pour des troupes aguer- ries conduites par un chef expérimenté. Le fort d'Ali-Musjid ne pourràit les arrêter longtemps, et comme la route est, malgré les difficultés, praticable, on peut affirmer que ni l'Afghanistan ni l'Inde anglaise ne sont invulnérables de ce côté. Ce qui est le plus à craindre; dans ces circonstances, pour une colonne expéditionnaire, ce n'est pas le manque de vivres, de fourrage ou d'eau, que l'on peut se procurer en quantité suffi- sante. Le- plus grand danger réside dans l'hostilité des monta- gnàrds qui occupent le pays. Guerriers et pillards, ils habitent, l'hiver, les nombreux villages groupés dans là vallée. L'été,. ils logent sous la tente, dans les montagnes. Bons soldats, excellents tireurs, vivant par goût* et par métier de rapine, entreprenants, agiles, connaissant tous les passages et toutes les retraites, n'ayant de loi que celle de là force et indépendants de toute autorité, ils interceptent à, leur gré la route de Daka à Peshawar, font main basse sur les caravanes ou les convois militaires, et deviennent pour une armée une cause incessante de périls. Aussi là difficulté consiste beaucoup moins à franchir le Khyber qu'à entretenir à tra- vers la passe des communications avec la base des opérations (1).' Kourd-Cabotd. Le Kourd-Caboul, où l'on pénètre par le défilé des Sept-Passes. après avoir traversé un ravin lugubre appelé la Passe Noire, est (d) Ce sont ces circonstances qui ont causé les échecs, récemment signalés, de l'armée du généralissime Lockhart. Il n'est pas impossible que la campagne se termine à 1 avantage de Anglais, disposant de forces et d'armements considé- rables. Mais il est douteux que les montagnards de la passe du Khyber, même s'ils sont vaincus, soient jamais complètement subjugués. (C. S.)