43 RADE DE PANAMA. – MOUILLAGE DE FLAMENCO. 1 COMMENT FUT FONDÉE LA RÉPUBLIQUE DE L'EQUATEUR i Lorsqu'en 1492 Christophe Colomb eut découvert le nouveau monde, les Espagnols s'y élablirent, non pour coloniser le pays et y implanter les bienfaits de la civilisation, mais pour en exploiter et épuiser les res- sources, en faisant peser sur les naturels, Indios bravos, jusqu'alors indé- pendants et libres, le joug le plus cruel. Ce régime «l'oppression et d'ini- quité subsista pendant trois siècles et au delà. Le territoire au pouvoir des Espagnols se partageait en trois provinces à l'est, la capitainerie générale de la petite Venise (Venezuela), ainsi nommée à cause de ses villages riverains du lac de Maracaïbo, bâtis sur pilotis, avec sa capi- tale, Caracas; à l'ouest, la vice-royauté de la Nouvelle-Grenade, et dont la capitale, était Bogota; au sud-ouest, l'intendance de Riobamba, ayant pour chef-lieu la ville de même nom, qui fut détruite par un tremblement de terre en 1797. et remplacée comme importance par San Francisco de Quito. Il semblait que la tyrannie espagnole dans l'Amérique du Sud y fût capable de braver toutes les conspirations et toutes les révoltes. L'échec des soulèvements tentés à plusieurs reprises paraissait sanctionner à jamais le despotisme des conquistadores et de leurs descendants. A la fin du dix-huitième siècle, pourtant, un homme se rencontra qui crut à la possibilité d'affranchir les populations sud-américaines opprimées et fut bien près de réussir dans son oeuvre hardie de délivrance du pays. Il s'appelait François Miranda et descendait d'une des plus anciennes familles de colons espagnols du Guatemala. Entré tout jeune dans les troupes de cette capitainerie, il prit part à un complot qui avorta et fut forcé de quitter la colonie. N'ayant plus d'autre pensée que de rendre la liberté à ses compatriotes et à tous les États tenus en sujétion par