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v
L'Angleterre resta maîtresse de la colonie pendant huit ans. Elle y
rétablit l'organisation antérieure à 1789, avec l'esclavage. Durant toute
cette période les communications de l'ile avec la France furent complè-
fement interrompues. La paix d'Amiens, en 1802, nous rendit la Marti-
nique, mais la guerre de 1809 nous en déposséda de nouveau jusqu'au
traité du 30 mai 181-t, ou plutôt jusqu'après les Cent-,jours, car elle ne
rentra dénnitivement dans le domaine de France que par le traité du
20 novembre 181S. Sous la Restauration, la Martinique reconquit une
certaine tranquillité, mais plus superficielle que réelle, comme en té-
moigne la révolte des noirs au Carbet.

Les lois- et règlements particuliers aux colonies ne pouvaient-apaiser
r les esprits., et les conseillers de. Louis XVIII et de Charles X ne firent, par
!cette législation d'exception, que rendre plus actifs les ferments de dis-
corde. Le gouvernement de Juillet n'y remédia point efficacement, quoi-'
qu'il affranchit les esclaves par fournées (2:370 après l'émeute de Saint-'
-Pierre en 1831, et 23,268 en 1833) par la charte coloniale, qui restitua les
droits politiques aux hommes libres.
Il y eut, en 1848, une espérance unanime de voir renaître la splendeur
coloniale des Antilles, quand le décret du 4 mars, reprenant les principes
de la Révolution, abolit, grâce à Schœlcher et à d'autres philanthropes,
définitivement l'esclavage et, en rétablissant la représentation des colo-
niès dans !es Assemblées françaises, revint à l'idée de les assimiler à la
métropole; mais le second empire ne sanctionna pas complètement cette
sagesse. H n'abrogea pas la liberté des noirs, seulement il plaça les colo-
.nies en dehors de la constitution ~t les soumit au régime des sénatus-
consultes. Un des premiers actes de la révolution du 4 septembre 1870
fut de déchirer cette loi, de déclarer que la patrie française était rouvertè
aux Antilles avec tous les droits et toutes les prérogatives électorales et
législatives des Français. 1
L'affranchissement des nègres à la Martinique a eu les mêmes consé-
quences qu'à la Guyane. Une fois libres, ils ont, en grande partie aban-
donné les plantations ils auraient pu continuer à trouver du travail.
Les planteurs ont, dès tors, été forcés d'appeler des ouvriers étrangers,
coulis hindous et chinois ou noirs de la côte d'Afrique, mais ce système
de recrutement, modifié d'ailleurs depuis 1860, n'aTpas produit des effets
'heureux. Quoi qù'iLen soit,_et pour des raisons diverses, la Martinique
traverse depuis ta troisième république une crise économique dont tes
plus sàgaces ne,prévoientpas la fin avant longtemps (1)..
(1) Voir, sur la Martinique, le remarquable travail de M. IsA~c, député de la
Guadeloupe, dans r~« t;o ainsi que l'ouvrage deM. Victor MEi<}NEN,~
~H Nourrit et C')

T Charles S]MONn.
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