au sud par les talus du fort Saint-Louis, rafralchie par la brise de la rade qui la baigne à l'ouest et bordée sur ses quatre côtés d'une allée continue qu'ombragent des tamariniers, des manguiers et des sabliers géants. C'est là que viennent déboucher les principales rues de la ville. qui s'étend au nord. Les maisons sont en bois, à un seul étage. La ville est plate et nue. On n'ytrouve pas de monu- ments. Le sol n'offre aucune consistance, et il est difficile d'y asseoir des fondations solides. Ni théâtres, ni édifices d'aucune sorte. Le palais de justice n'est pas un palais; Fhôtel du gouverneur n'est pas un hôtel; aucune architecture, aucun art, aucun caractère. Au loin, en face, le château d'eau Gueydon, qui atténue la monotonie de cette platitude. Au centre de la savane; au milieu d'un cercle régulier formé par d'immenses palmistes, se dresse la statue de l'impératrice Joséphine, négligée, délaissée et salie de coûtées d'une mousse fuligineuse qui la ronge comme une lèpre. Les allées, endormies sous l'ombre, ne s'éveillent que vers cinq heures du soir, lorsque les fonctionnaires, après la fermeture des bureaux, viennent y chercher la fraîcheur. On y respire plus à l'aise lorsque la brise de terre se lève. vers !e soir; on cherche à y oublier les ennuis du jour; on y commente les nouvelles du der- nier courrier, et on y parle intimement de la France. Lom~