Home Plain text
Text mode Audio mode
page 27 (screen 27 of 32)
Next page Previous page  
  Last page First page


crainte n'est que trop justifié; on courrait, en effet, un danger réel
à élever des édifices grands et lourds. Le terrain d'alluvions sur
lequel la viHe repose n'offre pas une grande consistance. La couche
supérieure forme une écorce de deux ou trois mètres d'épaisseur,
battue et tassée, composée de matières tufacées et pierreuses. Sous
cette couche s'étendent des amas de sable mouvant la mer
pénètre, 3'agite et bouillonne. A t'intéricur de ce corps sablonneux
et dans le sous-sol, se trouvent des traînées de roches souterraines
soulevées par des éruptions volcaniques. La, chaîne rocheuse elle"
môme, sur la pointe de laquelle est assis le fort Saint-Louis, tra-
verse ce sable, lui sert d'ossature, passe sous la rue Victor Hugo
qu'elle soutient et se termine en musoir à la Pointe des Nègres.
Saint-Pierre et Fort-de-France sont différents à tous les points
de vue. En outre, ces deux villes sont divisées, non par de hautes
questions de politique générale, mais par des questions irritantes
de personnes. Saint-Pierre et le nord de l'île appartiennent à.un
parti; l'autre est maître du sud et de Fort-de-France. Ces deux
soeurs, que tant d'intérêts devraient lier, sont devenues deux
ennemies peut-être irréconciliables.
VI
LE MORNE-ROUGE.

Le Morne-Rouge est le jardin de la Martinique il est planté de
rosiers toujours fleuris, de jasmins, de verveines, avec de vastes
massifs de myosotis délicats et des bordures 8e bégonias aux °
feuilles vernies. On se croirait en France, en plein renouveau,
mais au milieu d'une nature plus jeune, plus ardente et plus pro-
digue.- .–'
Bien qu'on y trouve un épicier, un boulanger, un maire à l'accent
et à l'esprit gascons, et même des gendarmes à cheval, c'est moins
un bourg qu'une réunion de chalets ~et de villas échelonnés le long
de la route, précédés ou entourés de jardins clos ~par des haies °
vives, radieux, ensevelis dans la verdure et toujours palpitants de
brise.'
Derrière la ligne de villas qui bordent la route, à gauche, du
côté de ia mer des ÀntiMes, le terrain semble tout à coup manquer
sous les pas. La pente s'accusé brusquement; et c'est par un chemin
en zigzag qu'on descend au pied du Morne, au fond du ravin ou {
l'on entend un torrent gronder. C'est que les gens du village
vont faire leurs dévotions à une Vierge nichée dans une grotte. On
s'y rend même de fort loin en pèlerinage.

A mesure que l'on s'enfonce dans le ravin, on ne saurait s'ima-
giner dans quelle puissante végétation oc pénètre. On est dominé
et enveloppé par ces masses touffues de verdure, par ces plantes
Text mode Audio mode
page 27 (screen 27 of 32)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text