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on entend les roulements des torrents dont les eaux coupantes se
sont ouvert des tranchées dan'-tes roches vives; puis soudain ce
sont des eaux dormantes se perdant silencieusement sous l'ombre
des marécages. Plus loin, sur le bord d'un ruisseau clair, s'élèvent
des bouquets de bambous qui penchent paresseusement leurs
tiges immenses au-dessus de nos têtes.

Notre conducteur nous donne, en langue créole, !e nom des
fruits suspendus aux branches. Il est intarissable. Comme nous
admirions des cocotiers « Ou ~? » (t) demande-t-il; et sans nous

laisser le temps de répondre, il saute à bas de son siège, cale sa
voiture et le voità grimpant sur un cocotier avec l'agilité d'un
singe; il détache deux gros fruits de leur régime. les laisse tomber
à terre, descend en un clin d œit, les ramasse, enlève avec son
couteau l'écorce qui entoure le pétiole, perce un trou au point, et
nous offre une excellente boisson rafraîchissante.

La route que nous suivons s'encaisse parfois si profondément
qu'on est saisi par une fralcheur, comme en entrant dans un
couloir humide. Elle s'enfonce de quatre ou cinq mètres au-dessous
du niveau du terrain environnant, et les champs qui la longent
forment à droite et à gauche des parois verticales. La terre de ces
'(1) En voulez-voust
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