sommet de la Montagne-Pelée. On n'y entend que' le bruit dés gouttes de, pluie sur les feuilles humides et les trois notes pures, détachées, que pousse, à intervalles réguliers, le siffieur des bois, te seul hôte de ces sommets déserts. Enfin, nous sortons brusquement de l'humidité et de l'ombre et nous poussons un cri de surprise. Nous nous trouvons au bord d'un joli lac, immobile comme un miroir circulaire et mesurant environ deux cents mètres de diamètre. Il est bordé d'un fin gazon et de. mousse de velours, entouré et dominé par des pics brisés, formant comme les bords ébréchés d'un vase gigantesque. Le point le plus élevé est appelé le tertre de la croix. Il regarde le sud; une croix est plantée à son sommet. C'est un but de pèle- rinage. Un coup de vent chasse un instant les brouillards, et le soleil, glissant k long des parois évasées des tertres circulaires, vient éclairer la surface tranquille du lac. Mais sous cette caresse rien ne s'éveille. Tout reste immobile et muet. Les eaux du lac étaient si fraîches et si claires qu'elles m'ont invité à m'y baigner. Le lac est peu profond. Son lit est formé de sédiments de feuilles sèches, de branchages poussés par les vents ou charriés par les orages, de pierres et de terre roulant du haut des tertres. C'est ainsi que peu à peu le cratère s'est fermé et que les eaux, qui d'abord se perdaient dans les flancs de la montagne, se sont arrêtées et ont formé un lac. Nous avons déjeuné là, au bord de l'eau, assis sur des troncs d'arbres, regrettant de ne pouvoir nous étendre, à cause de l'hu- midité, sur le gazon et sur la mousse. Vers une heure du soir, nous avons songé au retour. La descente s'est effectuée sous une pluie battante. Elle a été pénible, longue. et dangereuse. Nous sommes enfin arrivés au Morne-Rouge avec nos souliers boueux, crottés jusqu'au cou, trempés jusqu'aux os~ harassés de ~fatigue, mais la tète rayonnante et toute remptie des merveilles dont nous avions pleinement joui. '< ~lY~ DEFORT-DE-FRA.NCE:AU'GRÛS-MORNÈ.L'iî~~ORpj!STi~~S. · '> `~ De Fort-de'France au Gros-Morne, il y a une distance 'de vingt' J' quatre kilomètres, de l'ouest à l'est, vers l'intérieur de~ l'île, par un~chemtn accidenté de, surpj~se&~de terrain/Ce village est bâti suri~ croupe~i~ d'~M~q~ aux nancs verts, appë~~$~ dans cette île toute bossuée de monticules et de pitc~ns. A la Martinique, en effet, il n'y a pas de plaines, si j'excepte