LE MOYEN AGE BULLETIN MENSUEL D'HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE DIRECTION MM. A. MARIGNAN ET M. WILMOTTE JANVIER 1890. COMPTES RENDUS. -o- J. S. Tunison. – Master Virgil, the author of the Aeneid, as he seemed in the middle age, a series of studies. Cincinnati, Robert Clarke et C°, 1888, VII et 230 pp. in-8°. De la matière de Rome, comme disait Jehan Bodel, c'est certainement Virgile qui fournit la légende la plus célèbre et la plus complète. La Bibliothèque bleue en donne encore des preuves qui ne sont pas à dédaigner. Evidemment, c'est surtout l'Enéide qui a consacré cette étonnante fortune. Le prophète de la puissance romaine devait avoir sa part du fétichisme attaché à tout ce qui, de près ou de loin, rappelait Rome. On pense bien que, parmi les érudits, il ne peut s'agir ni de contester ni même de limiter cette popularité transcendante du poète de Mantoue. N'a-t-elle pas commencé de son vivant ? Qu'on se rappelle seulement le succès des lectures publiques, et les applaudissements qui accueillaient le chantre du Césarisme quand lui-même, disait Donat, pronuntiabat cuni suavitate tum lenociniis miris. Pendant son long séjour à Naples, le peuple devait être frappé de ses allures mystérieuses. Les commentateurs, surtout Servius et Macrobe voient dans ses écrits la source de toute science il mare di tutto il senno dira plus tard Dante. Lactance et Constantin interprètent mystiquement sa quatrième églogue. Dès le septième siècle, un saint Virgile orne le calendrier de l'Eglise irlandaise; mais déjà au sixième siècle, St-Cadoc, comme le raconte Montalembert (Moines d'Occident III, 71), croyait voir en lui un pieux personnage digne de toutes les prières de l'Armo- rique. C'est à regret que St-Jérôme et Alcum doivent se souvenir de son paganisme. Au reste, le napolitain Stace, qui « adorait sans cesse les vestiges de la divine Enéide « fut bientôt le héros