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Mais ce même Dieu, qui entre dans la nature
de l'âme parles idées, pénètre la nature du corps
par l'étendue. Il se fait sensible, il prend la forme
corporelle, pour approcher de l'âme cequ'il faut
qu'elle perçoive de l'univers matériel; il de-
vient la matière de ses perceptions. Etant
dans l'âme par la pensée, et dans le corps par
l'étendue, Dieu est tout à la fois le sujet et l'objet
de la connaissance, le miroir et l'imagede l'Uni-
vers. Quand il y a perception du corps par l'âme,
c'est le Dieu étendu qui se fait sensible au Dieu
pensant qui est en nous. Ce sont les deux par-
ties d'un même Dieu qui se rejoignent.

Cette persuasion était Spinoza, que Dieu
influe physiquement sur nos âmes et sur nos
corps, lui donnait l'assurance qu'il y a dans les
choses de l'ordre et de l'enchaînement. On voit
même qu'il rêvait un ordre universel découlant
des propriétés générales des choses, facilement
explicable suivant les seules lois de la mécanique
et de la géométrie. Il avait cru trouver dans les
âmes et dans les corps d'égales traces d'une ac-
tivité fatale et d'une nécessité mathématique.
.En faisant des premières les modes de la pen-
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