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que la substance perd nécessairement quelque
chose d'elle-même, qu'elle s'altère en se com-
muniquant. Elle quitte une forme, et en prend
une autre. Elle change, disons mieux, elle se dé-
nature.

Il le faut bien, puisque Spinoza fait entrer
Dieu dans la nature des choses comme un élé-
ment, puisqu'il le fait influer sur elles physi-
quement avec une telle force, que toute autre
influence devient superflue.

Cette influence physique de la divinité dans la
nature est telle, suivant Spinoza, qu'il prétend
expliquer par elle la connaissance que l'âme a
de son corps et de tous les autres. Une âme qui
perçoit un corps, c'est Dieu qui met dans l'âme
la connaissance de ce corps. Malebranehe y
voyait mie sorte d'opération divine, surnatu-
relle, presque miraculeuse. Spinoza y voit, au
contraire, une opération divine, naturelle ou
physique. Voici comment Dieu entre dans la
nature de l'âme par les idées en tant qu'il la
constitue et qu'il s'exprime par cette nature, il a
des idées donc l'âme perçoit 1.

1 Coroll. Prop. XI et Prop, XII, XHI, p. 2.
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