Voici maintenant ce qu'il faut bien compren- dre. Pour Spinoza, la puissance d'agir en Dieu, c'est l'étendue. Dieu agit, c'est-à-dire il s'étend, et son étendue répète indéfiniment son action suivant le cours interrompu des choses. Les choses sont les modes de cette action, de même que les idées sont les modes de la pen- sée. Il n'y a que des modes pour exprimer l'ac- tion de Dieu, ce qu'on rend d'une manière tri- viale, mais vraie, en disant que c'est Dieu qui fait tout. Mais alors, cet influx physique, rejeté tout à l'heure par Spinoza comme une incroyable gros- sièreté des scolastiques, quand il s'agit d'expli- quer l'union de l'âme et du corps, Spinoza ne vient-il pas à son insu de l'attribuer à Dieu, agis- sant sur le monde? Qu'est-ce, en effet, que l'action de Dieu dans son système, si ce n'est une véri- table influence physique de la divinité? Non- seulement cette action s'étend aux choses, mais elle s'étend dans les choses. Ce n'est pas seule- ment par l'efficacité de sa puissance qu'il agit il y a transfusion de ses réalités dans la nature. Le caractère propre d'une telle influence, c'est