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L'harmonie préétablie qui développe dans les
êtres la spontanéité du dedans, restreint, disons
mieux, annule leur influence au dehors. C'est
une suite de la notion que Leibniz a de la sub-
stance. Pour lui, chaque substance est si bien
un être proprement dit, organisé comme dans
un petit monde à part, avec le pouvoir de se
suffire et de tirer de sa nature la suite de ses évé-
nements qu'il nie positivement, l'action d'une
substance sur une autre. Une telle influence,
nous dit-il, physique oit réelle, dans la rigueur
des termes, outre qu'elle est inexplicable, est
inutile. C'était l'erreur de son siècle, partagée
par Descartes, de la croire inexplicable, mais
c'est un trait propre au génie de Leibniz de la
supposer inutile.

Au XVIIe siècle, par influence physique, on
entendait quelque chose d'analogue à la trans-
mission des espèces intentionnelles voiturées
dans les sens, ou bien encore comme si un cou-
rant parti du corps fut venu traverser l'âme.
A quoi Leibniz objecte avec esprit que ses mo-
nades n'ont point de fenêtres, qu'elles ne lais-
sent rien entrer ni sortir.
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