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qui tient à la grossière imagination que voici
« Toute la chaîne des étendues forme un
seul individu appelé nature. Toute la chaîne
des pensées lui forme une âme qui s'appelle
l'âme du monde. Il y a donc un accord mutuel
des parties de l'étendue et des parties de l'enten-
dement infini, les âmes et les corps. » 1
Or, et c'est sans doute la preuve la plus
convaincante, contre le rapprochement forcé
des deux systèmes, cette hypothèse est ruinée
de fond en comble par la plus simple applica-
tion de la monadologie. En effet, ni les corps
ne sont pas que des parties de l'étendue, ni les
âmes ne sont pas que des parties de la pensée,
à moins que vous ne domptiez d'abord la résis-
tance infinie de la multitude des monades que
Leibniz a partout semées pour être l'écueil du
Spinozisme. On peut bien localiser l'âme du
monde dans un entendement infini, quand on fait
des âmes les modes fugitifs de la pensée. Mais
les monades offrent une résistance indomptable
à cette violente assimilation.

1 Voir Spinoza, trad. française, partie 2, Scliol. du lemme VII.
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