Home Plain text
Text mode Audio mode
page LII (screen 61 of 196)
Next page Previous page  
  Last page First page


Assurément, un tel système respire la ten-
dance à l'harmonie, et bien qu'il y ait une va-
riété infinie, il y a. de l'unité.

Au lieu de cette sorte d'accord spontané qui
saisit l'àme et le corps, au lieu de cette richesse
d'organisation qui, sans cesse ramenée sur elle-
même comme un sang qui circule, se déploie et
se tempère avec ordre, au lieu de ces limites sa-
lutaires qui nous rappellent notre dépendance,
que trouvons-nous chez Spinoza?

Deux ordres simultanés, nous dit-il, l'un d'ac-
tions et de passions des âmes, l'autre d'actions
et de passions des corps 1. C'est-à-dire, à pre-
mière vue, le dualisme cartésien, qui consiste à
mettre d'un côté la pensée et de l'autre l'éten-
due, à distinguer l'esprit et la matière.

Mais je ne ferai pas difficulté d'avouer que
dans le système de Spinoza, ce dualisme n'est
qu'apparent, et que de fait il le supprime. En ef-
fet, d'après la Prop. VII, p. 2, ces deux ordres
simultanés ne sont que deux suites de la nature
1 Prop. XI, p. 3.
Text mode Audio mode
page LII (screen 61 of 196)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text