aucune aide pour établir l'indestructibilité ou l'immortalité physique de ces mêmes subs- tances. Mais le pourrait-elle, Spinoza n'aurait encore rien fait car il lui resterait à expliquer tout en- tière cette immortalité supérieure, qui ne con- vient qu'aux créatures raisonnables. Si Leibniz accorde l'indestructibilité aux substances cor- porelles, c'est qu'il réserve quelque chose de plus relevé pour les spirituelles. Chez lui, après la physique, vient la métaphysique et la morale de l'immortalité; car enfin, qu'est-ce, après tout, que l'immortalité physique ou indestruc- tibilité des êtres en tant que substance, sinon l'impossibilité du retour au néant, et rien de plus? Mais les esprits requièrent autre chose ils demandent la possibilité de monter à Dieu, qui constitue leur plus belle prérogative et fait le domaine propre de la philosophie. En philo- sophie, on juge un système par le prix qu'il at- tache aux âmes. Dans celui de Spinoza, que deviennent-elles? Compagnes du corps, asser- vies à ses lois, dépouillées de qualités morales, dépossédées de leurs plus nobles privilèges