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corps, mais c'est de croire que l'âme n'exprime
que cola. Ce n'est pas d'attacher une âme à
chaque corps, mais c'est de l'identifier avec
lui.

On ne saurait trop admirer l'art infini avec
lequel Leibniz conduit sa théorie des monades,
et la substitue à l'étendue pure de Spinoza.
Avec de l'étendue, de la matière, Spinoza a
voulu faire un monde, il n'en, a composé que la
masse informe Rudis indigestaque moles. Pre-
nez au contraire une substance simple avec le
peu d'étendue qui lui revient comme dépen-
dance, attachez-y la perception, déjà vous avez
tout un monde dans ce point métaphysique
car la perception nous représente dans l'unité
le divisible et le matériel répandu dans une foule
de corps. Variez les points de vue multipliez
les substances simples quelle prodigieuse va-
riété va naître aussitôt au sein de la masse éten-
due Que sera-ce si vous y attachez non plus la
seule perception, mais la pensée quel monde
nouveau, quelles infinités de mondes infinis
Les caractères des monades nous sont donnés
avec leur constitution; elles sont indivisibles,
indestructibles et ingénérables.
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