L'étendue est insuffisante à tout expliquer mais si je puis le dire, elle l'est doublement dans le Spinozisme. En effet, Spinoza, comme on sait, en retranche la divisibilité or, c'est la divisibilité même de la matière qui, poussée comme il faut, nous dévoile les incomparables richesses de ce monde des infiniment petits que l'étendue enveloppe sans l'expliquer. La divisi- bilité est le véhicule qui porte à l'infini toutes les puissances de la nature en montrant dans cha- que portion de matière le détail incalculable d'êtres, de forces et de vie qu'elle renferme sans le savoir. Elle communique à toute distance les moindres effets et les ondes de lumière, arri- vant à notre œil avec la prodigieuse vitesse que nous savons, sont une des images qu'on pour- rait appliquer à la propagation des effets naturels par l'étendue. En retranchantla divisibilité, Spi- noza retranche donc à l'étendue sa qualité prin- cipale etil est bien certain que dans son système encore moins que dans celui de Descartes, l'éten- due ne pourra rendre compte des plus belles propriétés que nous révèle la nature des corps; surtout elle ne nous dira-jamais s'il y a en eux