Home Plain text
Text mode Audio mode
page XXXVIII (screen 47 of 196)
Next page Previous page  
  Last page First page


ver à une individualité véritable par la figure,
la substance pensante n'y saurait arriver non
plus par la personne. Si la physique de l'im-
mortalité se trouve fausse, la métaphysique de
l'immortalité ne saurait être vraie.

C'est sans doute le plus grand danger du Spi-
nozisme, celui qui dut donner le plus à réfléchir
à Leibniz, que cette solidarité mutuelle du corps
et de l'âme, soumis dans son système à un même
destin. On prouvait autrefois que l'âme était
l'unité, en réduisant la matière à zéro. On ad-
mirait cette belle économie des êtres ainsi réglés
par la Providence, que les corps s'écoulent et
que les esprits demeurent. On insistait sur cette
impuissance de la matière à s'élever au-dessus
de son néant d'origine. On relevait d'autant plus
à ses propres yeux la dignité de l'être spi-
rituel.

Spinoza change tout cela il déclare qu'il y a
dans l'étendue, dans la matière, un fonds sub-
stantiel, aussi bien que dans la pensée; que si la
réalité du corps est égale à zéro, la réalité de
l'âme doit être en vertu de la loi de l'unité de
substance rigoureusement égale à zéro.
Text mode Audio mode
page XXXVIII (screen 47 of 196)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text