ver à une individualité véritable par la figure, la substance pensante n'y saurait arriver non plus par la personne. Si la physique de l'im- mortalité se trouve fausse, la métaphysique de l'immortalité ne saurait être vraie. C'est sans doute le plus grand danger du Spi- nozisme, celui qui dut donner le plus à réfléchir à Leibniz, que cette solidarité mutuelle du corps et de l'âme, soumis dans son système à un même destin. On prouvait autrefois que l'âme était l'unité, en réduisant la matière à zéro. On ad- mirait cette belle économie des êtres ainsi réglés par la Providence, que les corps s'écoulent et que les esprits demeurent. On insistait sur cette impuissance de la matière à s'élever au-dessus de son néant d'origine. On relevait d'autant plus à ses propres yeux la dignité de l'être spi- rituel. Spinoza change tout cela il déclare qu'il y a dans l'étendue, dans la matière, un fonds sub- stantiel, aussi bien que dans la pensée; que si la réalité du corps est égale à zéro, la réalité de l'âme doit être en vertu de la loi de l'unité de substance rigoureusement égale à zéro.