être que Spinoza recouvre d'une trompeuse en- veloppe d'immortalité. Ce n'est rien dire que de dire « Notre âme est éternelle en tant qu'elle enveloppe le corps sous l'apparence de l'éternité. Elle sera tout aussi bien éternelle, parce qu'elle comprend les vérités éternelles sur le triangle. » Spinoza anéantit dans l'âme ce qui vit, ce qui se souvient, ce qui dure; et il ne lui laisse pour tout horizon qu'un point de vue sur l'éternité du corps, en tant que la substance de Dieu l'enve- loppe. En faisant entrer dans la notion de l'âme je ne sais quelle idée d'une étendue sans limites, Spinoza croit rendre l'âme éternelle, infinie il la fait égale au corps. Il obéit à cette pente fa- tale qui l'entraîne à identifier l'un et l'autre. Et, en effet, dans son système, il y a un enchaîne- ment constant entre les âmes et les corps, entre la substance pensante et la substance corporelle. Mais alors la conséquence est facile à tirer. Si l'on prouve que le corps n'a pas de réa- lité, il suit de là que l'ame n'en a pas non plus si la substance corporelle ne peut arri-