Home Plain text
Text mode Audio mode
page XXXVII (screen 46 of 196)
Next page Previous page  
  Last page First page


être que Spinoza recouvre d'une trompeuse en-
veloppe d'immortalité.

Ce n'est rien dire que de dire « Notre
âme est éternelle en tant qu'elle enveloppe le
corps sous l'apparence de l'éternité. Elle sera
tout aussi bien éternelle, parce qu'elle comprend
les vérités éternelles sur le triangle. »

Spinoza anéantit dans l'âme ce qui vit, ce qui
se souvient, ce qui dure; et il ne lui laisse pour
tout horizon qu'un point de vue sur l'éternité du
corps, en tant que la substance de Dieu l'enve-
loppe.

En faisant entrer dans la notion de l'âme je
ne sais quelle idée d'une étendue sans limites,
Spinoza croit rendre l'âme éternelle, infinie il
la fait égale au corps. Il obéit à cette pente fa-
tale qui l'entraîne à identifier l'un et l'autre. Et,
en effet, dans son système, il y a un enchaîne-
ment constant entre les âmes et les corps, entre
la substance pensante et la substance corporelle.
Mais alors la conséquence est facile à tirer.
Si l'on prouve que le corps n'a pas de réa-
lité, il suit de que l'ame n'en a pas non
plus si la substance corporelle ne peut arri-
Text mode Audio mode
page XXXVII (screen 46 of 196)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text