un autre domaine. Il faut voir à l'oeuvre sur les vérités de fait ce théoricien célèbre, qui vient de mutiler si étrangement les vérités éter- nelles. Mais, d'abord, y a-t-il pour Spinoza des vé- rités de fait? J'appelle ainsi, avec Leibniz; celles qui enveloppent une existence1 et forment une notion individuelle. Or, pour Spinoza, la substance est une notion accomplie par elle- même, et qui n'a besoin d'aucune gutre idée qui la forme et qui l'achève. Il ne saurait y en avoir qu'une seule de cette nature, elle exclut toutes les autres. Et comme l'idée de celles qu'on nomme individuelles enveloppe toujours quel- que existence et en reçoit sa forme et son achè- vement, il en résulte qu'on demanderait vaine- ment a Spinoza une réalité qu'il ne peut nous donner. Spinoza n'en convient pas; il croit positivement que l'ordre de ce qui existe étant en proportion avec l'ordre des idées, on peut conclure de l'une à l'autre et raisonner sur 1 Lettres à Arnauld. Exlstentia, est essenlia rerum extra Deitm. J/ex.istence fie l'homme n'est pas une idée, mais un fait.