Home Plain text
Text mode Audio mode
page XXV (screen 34 of 196)
Next page Previous page  
  Last page First page


Leibniz, avec une perspicacité merveilleuse,
fait la part de l'erreur et de la vérité qui se mê-
lent dans cette conclusion. « Il a raison, nous
dit-il, parlant de la polémique de Spinoza con-
tre les partisans du bon plaisir et de l'absolu-
tisme, il a raison de ne pas vouloir d'un Dieu
indifférent, et décrétant toutes choses par une
volonté absolue. Dieu décrète par une volonté
qui s'appuie sur des raisons, vohmtate rationi-
bus innixa. »

Mais il a tort de ne point reconnaître de
bonté en Dieu, et d'enseigner « que toutes les
choses existent par la nécessité de la nature di-
vine, sans que Dien fasse aucun choix. »

« Entre ce qui est nécessaire et ce qui est for-
tuit, il y a un milieu, c'est ce qui est libre. »
Telle n'est pas la pensée de Spinoza. Après
avoir expliqué, comme il le dit, la nature de
Dieu, après lui avoir enlevé l'intelligence et la
volonté, après avoir réglé sa vie du dedans par
la nécessité sourde, sa vie du dehors par un
mécanisme brut, il s'adresse aux hommes et il
les engage à s'affermir de plus en plus dans la
doctrine de la nécessité, à se faire un destin à la
Text mode Audio mode
page XXV (screen 34 of 196)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text