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pensée sans conscience d'elle-même (ce qui est
la négation même de la pensée aux termes de la
définition de Descartes)1. Dans cet état d'indé-
termination, la pensée ne connaît point de bor-
nes elle est libre comme l'Océan. Si elle se dé-
termine, les modes déterminés d'elle-même,
c'est-à-dire les pensées, les volontés particu-
lières, etc. etc., tout enfin n'est qu'une suite
nécessaire de sa nature.

Mais comme la pensée n'est plus à l'état indé-
terminé, quand elle se détermine, il suit de
que, par l'acte créateur, la pensée infinie s'an-
nule, et de même aussi la liberté. Et il ne reste
qu'un monde nécessaire.

La nécessité des choses tel est, en dernière
analyse, le seul résultat de la Théodicée de
Spinoza « J'ai montré, nous dit-il, en concluant
sa première partie, que tout a été prédéterminé
par Dieu, non pas on vertu d'une volonté libre
ou d'un absolu bon plaisir, mais en vertu de sa
nature absolue ou de son infinie puissance. »
1 Cogita l ionis nomine intelligo illa omnia quœ nobis consciis
in nobis sunt, qualcnus corutn in nobis conscienlia est. Voir aussi
les Lettres 27 ei /ji de Spin.
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