ne peut comprendre les existences sans Dieu. L'essence est simple, elle n'enveloppe que des vérités éternelles ou nécessaires. La notion de l'existence est complexe, elle requiert autre chose. Cette distinction se retrouve entre l'espèce et l'individu; rien que d'abstrait et de théo- rique dans la notion de la sphère en géné- ral mais au contraire, la notion d'une certaine sphère donnée doit enfermer tout ce qui ap- partient au sujet de cette forme. La première n'exprime que les vérités éternelles, la seconde enferme quelque libre décret de Dieu, la suite de l'univers, l'ordre même de la création. Donc l'ordre de la création, le plan du monde, nié et méconnu par Spinoza, est d'une importance considérable même dans des méditations abs- traites sur la nature des choses. La vraie philoso- phie le consulte, la fausse seule prétend s'en passer 1. C'est pour ne l'avoir pas consulté ou même 1 Sans doute Spino/.i connaissait la distinction entre le gé- néral et le particulier. l'énonce dans ses Lettres, mais il l'a mé- connue dans Je Scholie de la Piop. XV, et généralement dans toute te l'Ethique; et Leibniz a bien raison de la rétablir contre lui.