des, pouvait-il admettre et employer l'existence d'une loi que l'expérience seule peut fournir, et que rien n'amène dans le progrès d'une déduc- tion logique? De quel droit pouvait-il enfin ap- pliquer à la cause infinie un principe qui ne pou- vait lui être suggéré que par le spectacle des cau- ses secondes dont il prétend se passer? Evidem- ment, pour l'admettre, il fallait que Spinoza sacrifiât sa méthode que parti de la raison il revînt à l'expérience et renversât tout l'ordre de sa philosophie. Que fait Spinoza: il transforme ce principe', il en fait un axiome de la raison. Ce principe, que lui fournit la grossière existence des êtres finis, il lui donne la valeur d'une cause efficiente, et il le formule ainsi « Tout est en Dieu, c'est-à- dire Dieu renferme l'être et l'idée de chaque chose. » C'est la formule de son panthéisme, il ne dit pas « Tout est de Dieu, ex Deo c'est- à-dire Dieu produit l'existence de chaque chose conforme à son idée qui est en lui. Tout est en Dieu, in Deo. Dieu renferme l'être et l'idée de 1 Voir sa Lettre XIX.